D'abord, et pour mettre tout de suite les choses au clair, je tiens à dire que je suis pour ce qui va dans le sens de "plus de liberté" et "plus d'égalité" pour tous les individus. À ce titre, je suis pour le mariage homosexuel.
Maintenant, comme j'essaye de ne pas me montrer dogmatique sur des questions de sociétés, j'écoute les arguments de ceux qui ne sont pas d'accord avec moi, et là, je dois dire que tout ce qui a pu être dit sur le sujet m'effare totalement.
D'abord, il y a les intégristes chrétiens — je parle, bien sûr, de ceux qui n'avancent pas masqués — qui brandissent la bible comme un livre de loi (alors qu'ils n'ont en général rien contre le prêt à usure) et qui prennent pour arguments les racines chrétiennes de la France afin de s'opposer au mariage homosexuel.
À ces dangereux chrétiens, j'aimerais signaler qu'aucune religion ne peut se réclamer de l'ordre du culturel (avant la chrétienté, il y avait des druides en France, et on ne parle pas des racines druidiques du pays) que la sexualité de Jésus n'est pas dénuée d'ambiguïtés et qu'ils ne font pas tout un plat quand un fils de bonne famille baise avant le mariage (tant qu'il prend ses précautions et qu'il n'engrosse pas la femme de chambre).
Je classe donc ces types dans la catégorie des fanatiques hypocrites et ne chercherais même pas à discuter avec eux.
Ensuite, il y a les alarmistes, ceux qui parlent du "bouleversement dans les fondements de notre société". Ces oiseaux de mauvais augure pensent, pas toujours sincèrement, que le fait d'avoir un couple de voisins homosexuels et mariés va changer leur vie, celles de leur ville et même celle du pays. Lorsque l'on est contre quelque chose, on peut toujours brandir la menace de la boîte de Pandore. Cela marche en politique comme en sociologie et en économie ; bref, cela fonctionne toujours quand on ne parle pas d'une science exacte. Prédire un futur catastrophique à cause d'une mesure présente n'est pour moi qu'une forme de rhétorique qui masque un raisonnement bien moins rationnel.
Enfin, il y a les charitables. Ceux qui s'inquiètent pour les plus faibles et qui, pour s'opposer à un droit légitime, parce que plus égalitaire, se soucient des enfants.
Qu'adviendra-t-il aux enfants élevés par des homosexuels ?
À ceux qui utilisent cette question pour exprimer leurs doutes et leur dégout en se donnant bonne conscience, je ne prendrai pas la peine de répondre. Ils trouveront de quoi se sustenter dans les chapitres précédents.
À ceux qui se posent sincèrement cette question (s'il y en a) je répondrai que dans tous les pays qui ont légalisé l'adoption par des couples homosexuels, on ne dénote aucune conséquence. Il n'y a pas plus de dépressifs (en fait, il y en a toujours moins qu'en France) ni plus de marginaux ou que sais-je encore. Ils peuvent donc être rassurés.
J'irai même plus loin : en imaginant que des études finissent par prouver que des enfants élevés par des couples homosexuels ont plus de chance d'être heureux et de réussir leur vie que les autres, il faudra que ces inquiets d'aujourd'hui militent contre la procréation naturelle et l'éducation par un père et une mère. Si l'on refuse à des hommes et à des femmes le droit d'adopter parce qu'on estime que leurs enfants sont plus susceptibles d'être malheureux, peut-on tolérer que des couples "classiques" élèvent des enfants en sachant que ces chérubins seraient mieux ailleurs ?
Et c'est là où je voulais en venir dans cet article. La plupart de gens qui sont contre les mesures qui permettraient à une minorité de mieux vivre sont en fait contre cette minorité.
Le "je ne suis pas homophobe, mais je suis contre le mariage homosexuel" me rappelle furieusement le "je ne suis pas raciste, mais je trouve qu'il y a trop d'étrangers en France". Pour démasquer les hypocrites, il suffit souvent de pousser leur raisonnement à l'extrême. Les gens qui sont contre le mariage homosexuel parce qu'ils s'inquiètent pour les enfants finiront par s'en remettre à la "loi de la nature" ou à la "tradition" pour défendre leur point de vue. Ceux qui ne sont pas racistes finiront par concéder qu'il y a "de bons et de mauvais étrangers" et que la "France doit rester française". On n’aura convaincu personne, mais au moins, on saura à qui on a affaire.
Sinon, puisque la révolution n'a pas vraiment commencé, on peut toujours en faire un roman.
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Encore une fois, ce roman est le vôtre, alors n'hésitez pas à m'envoyer vos idées ou vos commentaires sur le sujet. Je m'en servirai pour continuer de l'écrire.


salut cédric,dis voir,pourquoi dans la suite de ton roman il n'y aurait pas l'apparition d'un extra terrestre? un type comme toi et moi en visite sur notre planète,effaré de trouver ce bordel,et cherchant vainement des hommes "humains"?où encore un terrien du XXXème siècle en visite à notre époque pour venir y faire des relevés de dates et d'évènements?
RépondreSupprimerBon,voili voilou,ça serait rigolo...
Pour ce qui concerne les pédés et les gouines (2ème degré,évidemment...) j'ai rien contre.L'amour ne connaît pas de frontière,moi je suis amoureux de mon magnétophone à bandes,mon chéri chéri révox B77...
L'idée d'un extra-terrestre est un peu tirée par les cheveux, mais c'est vrai qu'un type neutre et humain aurait toute sa place dans l'histoire... un étranger, un fou ou un enfant... Je vais réfléchir à cela et l'ajouter au "cahier des charges".
SupprimerComment classe-tu ce qui pense que le mariage est juste là pour permettre à nos dirigeants de se reffiler le pouvoir de génération en génération ?
RépondreSupprimerNous, hétéros ou homos, notre héritage se limite en général à une commode ou au mieux l’apparat de nos parents. Nous vivrions dans une société plus juste sans mariage et donc sans la propriété de la personne, car au delà de l'appropriation du matériel, la question du mariage est bien la propriété sur l'autre, que se soit la personne qui partage notre vie, ou l'enfant que nous avons décider de mettre au monde ou, d'élever, or aucuns êtres vivant ne peut appartenir à un autre être vivant.
Sur l'héritage, je suis un adepte de la méthode viking : tout mettre sur un bateau et y foutre le feu. Pour ce qui ne brûle pas, comme les usines et les appartements. Une nationalisation, après la mort du conjoint, me semblerait parfaitement adaptée.
SupprimerPas de transmission de richesse entre les générations, cela pourrait freiner l'avidité maladive de certains...
Les enfants des plus riches bénéficient déjà d'avantages liés à l'argent que leurs parents investissent dans leur éducation ou au carnet d'adresses dont ils disposent, ils n'ont pas besoin d'hériter.
Sur la notion de "mariage-propriété" c'est un peu plus complexe puisque c'est un pacte conclu entre adultes consentants, mais c'est vrai que la question peut se poser dans ce sens. Heureusement, le mariage n'est pas obligatoire et la pression sociale qui le rendait incontournable avant va en diminuant.
Merci de ta réponse, hormis le fait de tout brûler, ( je suppose que c'est de l’humour), ça incite au gaspillage inutile, nous somme d'accord, mais il est bon de présenter aux gens des solutions autres que celles qui avantages la classe dirigeante.
RépondreSupprimerA bientôt.
C'est en effet une image. À l'heure actuelle, une redistribution serait plus juste et plus facile qu'au temps des Vikings.
SupprimerTout à fait d'accord avec toi au sujet des solutions alternatives, celles qui justement ne sont pas mises en place parce qu'elles ne profitent pas aux classes dirigeantes.
Maintenant, comme personnellement, je ne vois aucune bonne raison de me marier, j'aurais du mal à imaginer une option alternative sur ce sujet (ou alors, c'est le concubinage, mais ça existe déjà).
En tous les cas, merci pour tes commentaires.
Une petite précision, il 'est nullement dans mes intentions de pousser les gens dans un suicide social en leur disant ne pas vous mariez ou de refuser l’héritage. Mais de les convaincre que la lutte vers la justice n'est pas descendre dans la rue pour le mariage pour tous, car lorsque tout le monde le fait cela devient incidemment obligatoire. Mais qu'une société juste est de permettre à tous de vivre sans cette obligation qui n'avantage que nos oligarques.
RépondreSupprimerA bientôt
En effet. Plus de liberté ne peut pas nuire, et le fait d'avoir des individus qui se départissent volontairement de leurs libertés profite principalement au système en place...
SupprimerCela pourrait faire l'objet d'un prochain post.
Salutations Mr Cedric,
RépondreSupprimerTout d'abord, félicitation pour votre blog très instrutif, avec beaucoup de piste de réflexion et une autre vision ("plus juste") des actualités.
Ensuite, et pour mettre tout de suite les choses au clair, je tiens à dire que je suis contre le laisser aller, la débauche ..... À ce titre, je suis contre le mariage homosexuel.
Maintenant, comme j'essaye de ne pas me montrer dogmatique sur des questions de sociétés, j'écoute les arguments de ceux qui ne sont pas d'accord avec moi, et effectivement, les gens qui se disent contre, ont de mauvais arguments, et je suis d'accord avec vous la dessus , mais je trouve très déplorable la dérive de notre société, ou tout le monde recherche le "plaisir" sans limite morale et encore moins matériel.
le mariage homo, s'apparente pour moi au shopping, l'avidité, la débauche, les prises de drogue... il n'y a plus de limite, pour moi, la privation, l'abstinence, permet de prendre du recul et de mieux réfléchir et d'apréhender les choses de la vie, de faire du développement personnel, et autoriser le mariage homo, c'est encore aller dans le "mauvais" sens pour moi, faire en sorte que les gens soit des moutons, sans réfléchir, sans se poser des question, la débauche quoi..., et ce dans le but de mieux les controlés
Dans le meme sens, ce débat de société permet au pouvoir "d'écarter les sujet principaux, la crise, dans quel monde voulons nous vivre et laisser a nos enfants, avec la justice, la droit de vivre de maniere digne, sans luxe, sans pauvreté.
je n'arrive peut etre pas a m'exprimer aussi bien que vous, mais je pense que vous comprendrez le fond de ma pensée, pourriez vous me donnez votre avis concernant ma vision des choses,
dans l'attente de vous lire,
Très cordialement.
Salutations,
SupprimerD'abord, je vous remercie pour votre participation, votre message et vos encouragements.
Je suis d'accord avec vous sur le côté "distrayant" du sujet, bien utile aux politiques pour écarter les dossiers sur lesquels ils sont attendus.
En revanche, si je comprends, et s'il m'est même arrivé de partager, une attirance pour la sobriété et la retenue, j'associe ce choix au libre arbitre. La débauche est un concept trop suggestif pour être pris en compte dans la loi. Il fut un temps pendant lequel Oliver Cromwell, le prince Noir, avait élaboré la théorie selon laquelle lorsque l'on prenait du plaisir avec sa femme, on était déjà dans le péché... Qui n'était pas dans la débauche, à cette époque ?
Bref, bien que fervent défenseur de la sobriété lorsqu'elle permet de trouver de la place pour le développement personnel, je reste convaincu que cette sobriété n'est constructive que lorsqu'elle est librement découverte et assimilée. Toute expérience, y compris celle du mariage homo, peut être considérée comme un moyen de se sentir mieux, de se sentir à sa place, de se sentir en harmonie avec le monde qui nous entoure, condition nécessaire, même si elle n'est peut-être pas suffisante, au développement personnel. À ce titre, je suis pour ce qui va dans le sens de "plus d'égalité et plus de droits" quand cela ne va pas à l'encontre du bien être de ceux qui nous entourent et de l'environnement.
Voilà, ce n'est que mon avis et je ne cherche pas à vous convaincre. Au final, si l'on poussait le sujet plus loin, on arriverait à des questions philosophiques (Quel est le rôle de la politique dans la société ? Quelle est la place de l'interdit dans la recherche du bonheur ? Qu'est-ce qu'un milieu épanouissant ? Et je suis sûr qu'il y en a bien d'autres...)
Je vous remercie encore pour votre contribution et j'espère seulement que d'autres lecteurs se feront une idée personnelle sur cette question en lisant nos échanges.
Très cordialement
Cedric Citharel