L’ennemi n’est pas seulement puissant, il est aussi capable
d’utiliser la force de ses adversaires. Il suffit de regarder les posters de
Che Guevara pour réaliser à quel point le système est capable de récupérer la
résistance qu’on lui oppose et de s’en nourrir.
Mais, s’il est capable de transformer des combattants en
idoles et de manipuler les réseaux qui décident de le mettre à mal, il montre
ses limites quand il s’agit de contenir les assauts d’individus isolés,
anonymes et motivés.
Si le combat semble souvent vain, il existe des méthodes
pour mettre le système à mal, pour lui porter des coups qui, s’ils sont répétés,
finiront par le terrasser. Cet article n’a pas pour but de donner une liste
exhaustive des actions à entreprendre, mais juste de donner des idées, voire de
susciter des vocations parmi ses lecteurs.
Le savoir est une
arme.
Pour ceux qui ont accès aux informations ou aux
connaissances techniques, il sera possible de globaliser la lutte.
On a vu récemment comment Wikileaks a pu mettre à mal une grande puissance mondiale. J’espère
que des informaticiens travaillent en ce moment sur une version moins
centralisée et plus difficile à contrôler.
Il en est de même pour CopWatch qui, avec d’autres sites ou applications du même genre, permet aux citoyens d’accéder aux informations
qui leur permettront de lutter plus efficacement.
Jusqu’à présent, les informaticiens qui ont travaillé sur
ces sujets sont restés à la limite de la légalité, ceux qui maîtrisent les moyens de chercher des informations et de se
déplacer anonymement sur la toile parviendront peut-être bientôt à diffuser des
informations beaucoup plus confidentielles, voire totalement illégales.
Comment frauder dans les transports en commun ? Où
franchir une frontière pour être sûr de ne pas se faire attraper ? À
quelle heure les patrouilles de telle force de police sont supposées
passer ? Toutes ces questions pourront trouver des réponses en ligne, et
ceux qui connaîtront ces réponses n’auront plus à se plier aux contraintes du
système, ils lutteront enfin à armes égales.
Et puisqu’il faut
bien manger…
La première étape qui permettra aux pirates de bonne
volonté, ainsi qu’à tous ceux qui veulent s’affranchir du carcan qui les
étouffe, de s’organiser efficacement, sera d’atteindre l’autonomie. Il ne leur
sera possible de mordre la main qui leur donne à manger qu’après s’être rendus
capables de subvenir à leurs propres besoins, par leurs propres moyens. À cet
effet, ils ne disposent que de trois alternatives :
– L’allégeance
partielle, afin de subvenir à leurs besoins, tout en gardant à l’esprit que
chaque opportunité pour frapper le système doit être saisie ; le risque
étant de se retrouver « puni » et privé de moyens de subsistance
s’ils se font repérer.
– L’allégeance
subversive, qui consiste à ne prendre du système que ce qui nous arrange,
et sans rien donner en échange. C’est l’option que je privilégie. Par exemple, obtenir
des revenus sans travailler n’est pas un acte égoïste et destructeur, c’est un
acte de résistance. Je note au passage que la culpabilisation de ceux qui suivent
cette stratégie n’a lieu qu’envers des plus démunis.
– La troisième option consiste à vivre dans l’illégalité et la clandestinité. C’est parce que c’est
la forme de résistance la plus dure et qu’elle mène rapidement à la violence
que tout est mis en place pour la juguler. C’est aussi la raison pour laquelle
ce n’est pas, à mon sens, l’option à privilégier, du moins pour l’instant.
J’en profite pour signaler que pour se débarrasser de cette
culpabilité que les élites et les médias font peser sur ceux qu’ils qualifient
d’oisifs ou de parasites, il n’est pas superflu de se rappeler que ces mêmes
élites ont recours aux mêmes méthodes, mais qu’elles s’en servent uniquement
pour améliorer leur situation personnelle ou celle de leurs proches. Ils amassent des richesses qui
permettraient à d’autres de survivre alors qu’un résistant vivra sans
travailler (ou en travaillant le moins possible) parce que cela lui permettra
d’affaiblir le système, et lui donnera du temps pour résister.
Ce n’est qu’une fois que nous serons organisés et autonomes,
qu’il faudra passer à une autre phase : le sabotage.