vendredi 29 juin 2012

ARTICLE : Puisqu’ils nous ont déclaré la guerre…


À la fin du siècle dernier, ce ne fut pas avec des chars et des bombes que les États-Unis d’Amérique ont vaincu leur ennemi soviétique, ce fut, grâce à un magistral coup de bluff, en les forçant à investir toutes leurs ressources dans ce que l’on appelait à l’époque : « La guerre des étoiles ».
Autrement dit, la guerre remportée par les Américains n’a pas été menée sur le plan militaire, mais sur celui de l’information et de l’économie.




Et puisqu’elle a été gagnée, sa victoire a scellé la domination d’un système sur tous les autres, le règne de la finance et du libéralisme sur tout autre modèle.
Aussi, les guerres qui sont faites aujourd’hui n’ont plus pour but de régler les différends entre États, mais de mettre au pas des sociétés récalcitrantes au système ultralibéral qui tente de s’imposer sur la planète.

L'économie est le prolongement de la guerre, par d'autres moyens.

Et comme pendant la guerre froide, lorsqu’il n’est pas possible de terrasser l’ennemi à coups de baïonnettes, on peut toujours le ruiner. L’inverse se vérifie aussi : lorsque l’ennemi supporte la pauvreté, la seule solution reste de le faire plier sous les bombes.
On remarque alors que, toujours comme pendant la guerre froide, le mensonge et la désinformation font plus de dégâts que les obus et les mines.

Alors, puisqu’ils nous ont déclaré la guerre et qu’à défaut de nous anéantir, ils cherchent à nous asservir et à nous transformer en esclaves, il est de notre devoir de résister. Et pour ceux et celles qui ne se sentent pas encore prêts à s’emparer d’un couteau ou d’un fusil, la résistance économiquecelle qui consiste à coûter aux institutions bien plus qu’on ne leur rapporte – reste une option tout à fait envisageable.

dimanche 24 juin 2012

ARTICLE : Un nouveau mot en "isme"

Entre terrorisme et résistance, la différence ne réside que dans l'oeil de l'observateur.




Le terroriste s'attaque violemment à un système pour en imposer un autre, tandis que le résistant mène des actions identiques pour revenir à un système qui existait avant.
Dans un cas comme dans l'autre, la victoire transforme les protagonistes en combattants et la défaite les relègue au rang de dangereux criminels.

Qu'en est-il alors de tous ceux qui n'adhèrent pas au système dans lequel ils sont chantonnés et qui décident de lutter, mais qui n'ont aucune idée de ce par quoi il sera remplacé ?

C'est pour eux que je propose ce mot nouveau, le chaotisme. Ce terme définit l'ensemble des activités qui consistent à lutter contre un système sans chercher à en imposer un autre à la place.


À quel moment décide-t-on de perpétrer une action chaotique ?

Comme tous ceux qui envisagent de recourir à des actions violentes ou illégales, les partisans du chaotisme doivent prendre en compte plusieurs paramètres avant d'agir.

Le risque
Une action risquée n'est pas forcément à proscrire, mais il faut définir ce qu'on entend par "risque".
Seul le risque d'échec est à prendre en compte pour savoir si l'on peut passer à l'action ou non. Le risque lié à la sanction, s'il doit être envisagé, doit ensuite être confronté à l'importance de l'action. Subir une sanction pour un acte chaotique n'est pas forcément une mauvaise chose. Dans certains cas, la sanction peut même faire partie de l'acte en lui-même.

La faisabilité
De même, il est important de ne pas confondre faisabilité et facilité. Une action "faisable", même si elle nécessite une longue et minutieuse préparation, peut être envisagée si elle est commise par des individus qui pensent pouvoir la mener à bien sans se faire neutraliser avant qu'elle n'ait abouti à des résultats.

Les résultats
Et pour ce qui est justement des résultats, il est important que les partisans du chaotisme se rappellent qu'ils ne sont pas là pour convaincre.
Une action violente, même si elle n'est pas soutenue par une majorité de la population, aura pour effet de déculpabiliser d'autres individus qui mènent ou envisagent de mener des actions moins violentes ; elle permettra aussi de cliver la population entre les "pour" et les "contre". Le débat qui s'en suivra sera vecteur de réflexions et d'idées qui iront dans le sens de celles défendues par ceux qui ont perpétré l'action.


Définition du chaotisme "en creux"

Pour conclure, si l'élaboration théorique d'un système peut être considéré comme un simple exercice intellectuel, par définition déconnecté de la réalité (c'est ce qui explique la différence entre le marxisme et le communisme) les actions ponctuelles, destinées à nuire au système en place, lui permettent de se réformer sans avoir à envisager un système cohérent pour le remplacer. Elles sont donc à privilégier.
L'histoire nous prouve régulièrement que les systèmes sont toujours différents de ce que les gens qui les avaient conçus sur le papier avaient imaginé. Le chaotisme revient donc à faire la révolution en échappant à l'illusion de l'utopie.

Quant à la résistance du système en place, qui tentera de récupérer toutes les actions dirigées contre lui pour justifier sa présence et son autorité, ce n'est que de l'opportunisme.

mercredi 20 juin 2012

FICTION : Pour voter utile, foutez le feu

Comme pendant chaque période de campagne électorale, Robet Kolosko déprimait.




Cela faisait longtemps que les politiciens ne lui inspiraient plus confiance et que le vote protestataire, parce qu'il était récupéré par le système, ne le tentait plus.


Ce jour-là, bien décidé à voter utile, Robert eut une idée.
Quelques recherches sur Google lui permirent de faire la liste du matériel dont il avait besoin et qu'il pouvait trouver dans le commerce. Trois jours avant le scrutin, il disposait de tous les ingrédients nécessaires et prépara son plan d'action.


Le jour J, dans le secret de l'isoloir, il sortit deux petites fioles de ses poches. La première contenait une pâte huileuse qu'il versa sur un bulletin de vote, la seconde contenait des paillettes qu'il répandit sur la surface luisante avant de la recouvrir par un autre bulletin. Il mit ensuite le tout dans l'enveloppe et fit son devoir de citoyen. Sa main trembla un peu, mais personne à part lui n'y fit attention.


Le soir même, en regardant la télévision, il fut un peu déçu de constater qu'on ne parlait pas de son acte de résistance patriotique. Il dut attendre le lendemain pour trouver un petit article dans le journal local.


« Phénomène étrange pendant les élections
Hier, vers 17 heures, à l'école Joe Dassin dans la petite ville Triffouilli sur Yvette, l'urne dans laquelle étaient glissées les bulletins de vote a subitement pris feu. On ne déplore aucun blessé, mais les votes ayant été effectués dans cette école ont dû être invalidés. La police enquête sur les circonstances de ce mystérieux accident. »


Et maintenant, que va-t-il se passer ?


La police va-t-elle arrêter Robert ?
Va-t-il se radicaliser ?
Toutes les urnes brûleront-elles lors des prochaines élections ?


Les commentaires sont libres, alors c'est à vous de décider si vous voulez qu'il y ait une suite à cette histoire.

samedi 16 juin 2012

ARTICLE : On commence à s'organiser ?


L’ennemi n’est pas seulement puissant, il est aussi capable d’utiliser la force de ses adversaires. Il suffit de regarder les posters de Che Guevara pour réaliser à quel point le système est capable de récupérer la résistance qu’on lui oppose et de s’en nourrir.
Mais, s’il est capable de transformer des combattants en idoles et de manipuler les réseaux qui décident de le mettre à mal, il montre ses limites quand il s’agit de contenir les assauts d’individus isolés, anonymes et motivés.



Si le combat semble souvent vain, il existe des méthodes pour mettre le système à mal, pour lui porter des coups qui, s’ils sont répétés, finiront par le terrasser. Cet article n’a pas pour but de donner une liste exhaustive des actions à entreprendre, mais juste de donner des idées, voire de susciter des vocations parmi ses lecteurs.

Le savoir est une arme.

Pour ceux qui ont accès aux informations ou aux connaissances techniques, il sera possible de globaliser la lutte.
On a vu récemment comment Wikileaks a pu mettre à mal une grande puissance mondiale. J’espère que des informaticiens travaillent en ce moment sur une version moins centralisée et plus difficile à contrôler.
Il en est de même pour CopWatch qui, avec dautres sites ou applications du même genre, permet aux citoyens d’accéder aux informations qui leur permettront de lutter plus efficacement.
Jusqu’à présent, les informaticiens qui ont travaillé sur ces sujets sont restés à la limite de la légalité, ceux qui maîtrisent les moyens de chercher des informations et de se déplacer anonymement sur la toile parviendront peut-être bientôt à diffuser des informations beaucoup plus confidentielles, voire totalement illégales.
Comment frauder dans les transports en commun ? Où franchir une frontière pour être sûr de ne pas se faire attraper ? À quelle heure les patrouilles de telle force de police sont supposées passer ? Toutes ces questions pourront trouver des réponses en ligne, et ceux qui connaîtront ces réponses n’auront plus à se plier aux contraintes du système, ils lutteront enfin à armes égales.

Et puisqu’il faut bien manger…

La première étape qui permettra aux pirates de bonne volonté, ainsi qu’à tous ceux qui veulent s’affranchir du carcan qui les étouffe, de s’organiser efficacement, sera d’atteindre l’autonomie. Il ne leur sera possible de mordre la main qui leur donne à manger qu’après s’être rendus capables de subvenir à leurs propres besoins, par leurs propres moyens. À cet effet, ils ne disposent que de trois alternatives :
– L’allégeance partielle, afin de subvenir à leurs besoins, tout en gardant à l’esprit que chaque opportunité pour frapper le système doit être saisie ; le risque étant de se retrouver « puni » et privé de moyens de subsistance s’ils se font repérer.
– L’allégeance subversive, qui consiste à ne prendre du système que ce qui nous arrange, et sans rien donner en échange. C’est l’option que je privilégie. Par exemple, obtenir des revenus sans travailler n’est pas un acte égoïste et destructeur, c’est un acte de résistance. Je note au passage que la culpabilisation de ceux qui suivent cette stratégie n’a lieu qu’envers des plus démunis.
– La troisième option consiste à vivre dans l’illégalité et la clandestinité. C’est parce que c’est la forme de résistance la plus dure et qu’elle mène rapidement à la violence que tout est mis en place pour la juguler. C’est aussi la raison pour laquelle ce n’est pas, à mon sens, l’option à privilégier, du moins pour l’instant.

J’en profite pour signaler que pour se débarrasser de cette culpabilité que les élites et les médias font peser sur ceux qu’ils qualifient d’oisifs ou de parasites, il n’est pas superflu de se rappeler que ces mêmes élites ont recours aux mêmes méthodes, mais qu’elles s’en servent uniquement pour améliorer leur situation personnelle ou celle de leurs proches. Ils amassent des richesses qui permettraient à d’autres de survivre alors qu’un résistant vivra sans travailler (ou en travaillant le moins possible) parce que cela lui permettra d’affaiblir le système, et lui donnera du temps pour résister.

Ce n’est qu’une fois que nous serons organisés et autonomes, qu’il faudra passer à une autre phase : le sabotage.