mardi 28 août 2012

ARTICLE : Démissionner n’est pas abandonner


Comme tout le monde, il m’arrive de pester contre des employés lorsque je tente de leur expliquer pourquoi je ne suis pas capable de remplir un formulaire tel qu’il m’a été présenté. Ne disposant ni d’une adresse, ni d’un numéro de téléphone fixe en France, je me retrouve donc souvent ‘sur la touche’ lorsque j’essaie d’ouvrir un compte en banque, de m’abonner à un magasine, ou même de déclarer mes impôts.

Pour illustrer, voici la façon dont on récupère les dossiers des demandeurs de titre de résidant, en Grèce

Parfois, mais c’est assez rare, la personne en face de moi comprend mon problème et se montre compatissante ; cependant, dans la quasi-totalité des cas, je me vois assener des : « il me faut une adresse en France » ou « j’ai besoin d’un numéro de téléphone valide ». Pour le vivre au quotidien, j’affirme donc que la plupart de ceux qui représentent une institution en assument aussi la froideur, la rigidité, voire l’agressivité.


Pourquoi est-ce que j’écris cela sur ce blog ? Simplement parce que cela signifie que lorsque vous vous apprêtez à choisir un métier, vous n’optez pas seulement pour une source de revenus plutôt qu’une autre, vous ne choisissez pas non plus un mode de vie parmi ceux qui vous ont toujours attiré, vous acceptez d’endosser une personnalité qui trouvera ses fondements dans les règles de l’institution que vous avez choisie. Cette personnalité devra s’adapter, puis évoluer au gré des politiques de l’entreprise ou du gouvernement qui vous nourrit. On appelle ça l’adhésion à l’autorité.

Ancien militaire de carrière, je sais de quoi je parle. Ma plus grosse erreur a été de croire qu’on pouvait réformer un système, de la base et de l’intérieur ; et ce n’est qu’en faisant parler la poudre qu’un tel exploit est possible.
Je me console en me disant que toutes ces années n’ont pas été perdues : quand un système ne parvient pas à vous broyer ou à vous corrompre, il vous apprend à résister. L’important, c’est de le quitter avant d’être devenu trop vieux pour espérer que les choses changent.

jeudi 23 août 2012

ARTICLE : Les religions ne sont que des doctrines parmi d'autres

Un article publié le mois dernier avait suscité plusieurs questions de la part d'un lecteur.
Après y avoir un peu réfléchi, je profite de ce post pour tenter d'apporter quelques éléments de réponse.


Comment expliquez-vous la réussite politique de partis religieux dans de nombreuses parties du globe ? 
L'espèce humaine serait-elle faite pour être majoritairement soumise ?
Finalement, n'est-il pas plus commode de se soumettre ?
Comment entamer une révolution en prenant en compte justement les différences culturelles qui se manifestent dans l'espèce humaine ?
J'entends que votre action est limitée aujourd'hui, mais comment faire en sorte qu'une conscience collective existe véritablement ?
Ne serait-ce pas un nouvel utopisme ? une nouvelle religion, non plus basée sur l'existence d'un être immatériel mais sur une non moins immatérielle conscience collective ?

Nous vivons désormais une période dans laquelle beaucoup pensent se voir la fin d'un système, mais nous n'avons pas encore trouvé d'alternative, il n'y a pas de plan B. Le communisme d'état est mort, mais le système capitaliste est en train de réaliser qu'il avait besoin d'un ennemi pour survivre.
L'ennemi lui est nécessaire sur le plan économique (sans destruction de richesses par la guerre, il n'y a pas de relance possible) mais aussi politique (les gens sont plus dociles quand ils se sentent menacés de l'extérieur) et social (la mauvaise redistribution des richesses peut être tolérée si les privilégiés parviennent à faire croire qu'ils sont indispensables pour lutter contre un ennemi commun).
Or, certaines religions ont cela de magnifique qu'elles offrent un nombre considérable d'ennemis potentiels.

Les partis religieux ne triomphent pas seulement dans les pays du Maghreb, mais aussi aux États-Unis (où le droit à l'avortement est de plus en plus remis en question) en Europe (où les classes dominées se consolent en pensant à la pauvreté du Christ alors que les classes dominantes se considèrent comme choisies par Dieu) en Asie (où la misère est vécue comme une forme de repentance spirituelle)... Bref, je m'excuse pour cette simplification rapide, mais un essai ne suffirait pas à montrer en quoi les religions imposent leurs lois partout dans le monde.
Si elles montrent leur face sur le plan politique dans les pays du Maghreb, c'est juste parce que leurs dévots n'ont pas l'habitude d'y oeuvrer dans l'ombre comme ils le font en Occident.

Ce n'est donc pas contre les religions qu'il faut, à mon avis, lutter, mais contre la soumission elle-même.
L'être humain n'est pas fait pour être soumis, mais le système lui apprend dès son plus jeune âge que c'est la meilleure solution, quand ce n'est pas la seule.
C'est justement parce que tout est fait pour récompenser l'allégeance qu'il est plus commode de se soumettre. Certaines religions promettent des récompenses terrestres, d'autres préfèrent laisser croire qu'il faut attendre de se trouver dans un autre monde... tout cela n'a pas vraiment d'importance. L'important, c'est de casser ce système qui prône la normalité comme une qualité et l'obéissance comme une vertu.

Certes, le combat sera aussi culturel. Tant que les lycées ressembleront à des casernes et que les enfants y entreront pour apprendre et non pas pour découvrir, cela signifiera que ces mêmes enfants, une fois devenus adultes, auront de gros efforts à faire pour s'affranchir d'un système aliénant.

Si une conscience collective doit émerger maintenant, elle ne peut s'appuyer que sur le refus du système. Ce ne sera que sur les ruines (fumantes ?) de ce qui nous a été imposé depuis des générations que se bâtira une conscience collective positive, nouvelle, qui fasse cohabiter des individus autonomes en cherchant à les rendre toujours plus audacieux et plus libres plutôt que de les appeler à devenir toujours plus productifs et plus obéissants.

lundi 20 août 2012

FICTION : le dictionnaire de la pensée claire

Le dictionnaire de la pensée claire est un ouvrage sorti au début du XXIe siècle. Il a très rapidement été censuré, mais il parait que quelques exemplaires circulent encore sous le manteau. Tout le monde n'est pas d'accord pour admettre que ce livre a été à l'origine des premiers mouvements séditieux en France, mouvements qui se sont ensuite répandus dans toute l'Europe, mais tous ceux qui l'ont lu, qui en ont appliqué les règles et qui n'ont pas fini leur vie dans les camps de réhabilitation, reconnaissent que ce dictionnaire a changé leur vie.

EXTRAITS CHOISIS :

Être :

Étymologie : De l’ancien français estre (« être »), du latin vulgaire *essĕre, « être », forme remaniée par analogie du latin classique esse « être », ainsi que de l’ancien français ester, du latin stare « être debout ». Ce dernier ne subsiste que dans les participes étéétant et les conjugaisons de l’imparfait de l’indicatif, ainsi que dans les expressions ester en justice ou ester en jugement. (Wiktionnaire)

Utilisations recommandées
Exprime un état personnel permanent, ou qui tend à l'être.
Exemple : Je suis le maître de mon destin, je suis le capitaine de mon âme. (Invictus)

...

Restrictions d'emploi
Ne doit pas servir pour exprimer un état passager (remplacer 'je suis fatigué' par 'je me sens fatigué') ni pour qualifier un autre être vivant (remplacer 'tu es un imbécile' par 'tu te conduis comme un imbécile', 'tu es belle' par 'tu me plais' et 'ce chien est méchant' par 'ce chien a subi un mauvais dressage')

...

Aimer :

Étymologie : Du latin amāre, de même sens, devenu en ancien français amer. La forme aimer, analogique des formes toniques (j’)aim[e], (tu) aimes…, n’apparaîtra qu’en moyen français, et ne s’imposera qu’au XVIe siècle. (Wiktionnaire)

Utilisations recommandées
Avoir de profonds sentiments d'attachement envers des personnes ou des entités auxquelles on souhaite du bonheur, quelles que soient les circonstances.
Exemples : Je t'aime. J'aime ce pays.

...

Restrictions d'emploi
Ne doit pas être utilisé pour signifier le plaisir que l'on a à consommer certaines choses (remplacer 'j'aime le chocolat' par 'j'ai envie de chocolat' ou 'je mange souvent du chocolat')

...

  
Dans le même esprit, cet ouvrage préconisait de remplacer 'acquis sociaux' par 'progrès sociaux', 'retraite' par 'accession à l'autonomie' et 'coût du travail' par 'salaires indirects'.



Maintenant, c'est à vous de jouer.

Les commentaires sont libres et ceux que vous inspire ce petit texte seront pris en compte pour la rédaction du roman futuriste qui suit.


samedi 18 août 2012

ARTICLE : voila comment ça marche chez nos amis les fachos

Ils parlent de censure et de pensée unique, mais voilà ce qui passe sur un site de fachos dont je tairai le nom pour ne pas lui faire de pub.


Après ça, j'ai reçu une avalanche de messages racistes, injurieux et lamentables, que j'ai fini par effacer.
Pour l'exemple, un type se vante (toujours sur le même site de fachos) de ce qu'il m'a envoyé.

Bref, ces gens-là s'insurgent contre la censure, mais ce n'est que pour se regrouper afin d'imposer leurs messages de haine et de bêtise.

Cela prouve bien, pour ceux qui avaient des doutes, que quand des nazillons parlent de liberté d'expression, c'est uniquement afin de faire passer leur pensée raciste et sectaire.

J'imagine que peu de gens seront surpris, mais je pense que cela méritait d'être précisé.

mercredi 15 août 2012

ARTICLE : Émeutes à Amiens, début de guerre civile ou réveil citoyen ?

Soyons clairs.
Qu'un policier fatigué se montre partial, je le comprends.
Qu'un journal fasse son info sans apporter les précisions nécessaires, je trouve cela honteux.

AUDIO. Un policier : «Ils ont tiré à balles réelles sur les forces de l'ordre»


Décryptage de l'interview :

1ère partie

"Ils ont trouvé dans les constatations cette douille de cartouche calibre 12.
Donc, ils ont bien tiré euh... avec des balles... avec des armes à feu sur les forces de police."

Il est important de rappeler que le calibre 12 est une munition employée dans les fusils de chasse.
Elle ne tire pas forcément des balles, mais le plus souvent des plombs ou de la chevrotine, quand ce n'est pas de la grenaille.


Le policier marque donc un temps d'hésitation parce qu'une cartouche de calibre 12 est loin d'apporter la preuve que des balles ont été tirées contre les forces de l'ordre.

Le plus surprenant, c'est que malgré cette hésitation, Le Parisien titre son interview : «Ils ont tiré à balles réelles sur les forces de l'ordre». Manipulation ou attrait pour le sensationnel, nul ne peut encore le dire.

2e partie

"Il y a dix-sept blessés.
Ils ont mis le feu au réfectoire d'un collège.
Ils ont mis le feu à une école maternelle.
Il y a vingt véhicules légers d'incendiés.
Ils ont mis le feu à une salle de musculation.
Et ils ont tenté de mettre le feu à un centre de loisirs.
C'est pas mal, hein ?"

Une énumération à la Prévert, qui est là pour nous rappeler que ces jeunes s'attaquent à tout ce qu'on leur offre et à tout ce qui est censé les aider, voire à leurs propres biens.
Le policier ne s'interroge pas sur le fait que brûler des écoles est un moyen de protester contre l'échec scolaire. Au moment où il est interrogé, on peut comprendre qu'il n'ait pas envie de faire de la sociologie, le journal en revanche, aurait pu aborder cette question.

Étrangement, le fait qu'il y ait dix-sept blessés passerait presque inaperçu. Est parce que les gens se sentent de moins en moins solidaires de leur police et que pour les mettre en colère, il est préférable d'insister sur les dégâts matériels et financiers subis que sur les fonctionnaires blessés ?

Le "C'est pas mal, hein ?" incite ensuite l'auditeur à juger et à choisir son camp. On n'est clairement plus dans l'information.

3e partie

"Vous savez pourquoi ça a démarré : il y a un gamin — un gars — qui s'est tué en moto tout seul il y a une semaine. Bon, et puis, de là, ça dégénère tranquillement, quoi."

Notre interviewé manque un peu d'expérience, mais se reprend rapidement. Parler de la mort d'un "gamin" c'est un peu maladroit, alors il corrige en précisant que c'est un "gars" qui s'est tué. Enfin, il ajoute que le motard s'est tué tout seul.
Il oublie de préciser que les causes des émeutes ne sont pas liées au fait que cela ait "dégénéré tranquillement", mais trouvent leurs origines dans un contrôle routier qui a été installé à proximité de la cérémonie de deuil.

J'espère que nous finirons par savoir si cette intervention policière a été organisée indépendamment ou si elle relevait de la provocation. Le Parisien précise tout de même qu'une enquête administrative a été diligentée par la préfecture.

Pour conclure, il est important de garder à l'esprit que quoi qu'il advienne, dès lors que l'ordre public sera menacé, ceux qui seront à l'origine des perturbations seront rabaissés au rang de barbares, de racaille ou de fous dangereux. Et comme les politiques ne cherchent pas plus de solutions que les journaux, le phénomène est appelé à prendre de l’ampleur.

vendredi 10 août 2012

FICTION : 2030 - 2042 Le grand réajustement

Dans la première partie du XXIe siècle, l'économie mondiale s'est effondrée.
Dans un premier temps, beaucoup de pays ont pensé pouvoir s'en sortir en faisant produire dans les contrées à bas coûts et en proposant leurs services et produits manufacturés à leurs voisins plus prospères. Mais quand l'Allemagne s'est effondrée et que les États-Unis ont proposé de créer l'Euro-Dollar pour rivaliser avec le yen, tout le monde a deviné qu'on s'approchait de la fin d'un système.

Pour les plus optimistes, une meilleure redistribution des richesses était devenue la seule solution possible. Ils se trompaient.

Très rapidement, dans les pays occidentaux, il devint impossible de résider dans les grandes agglomérations à cause de l'augmentation du prix des loyers, des charges et de l'alimentation. Dans toutes les capitales, les commerces fermaient au fur et à mesure que les habitants quittaient les villes.
Seuls les employés plus qualifiés parvenaient à négocier des contrats avec leurs employeurs afin de bénéficier d'un logement de fonction. Les autres partaient vivoter en trouvant des emplois de manutentionnaires dans d'immenses complexes agroalimentaires.
Un équilibre aurait pu s'instaurer avec ce retour aux sources subi par la population, mais ce fut à la même époque que plusieurs parasites particulièrement robustes s'attaquèrent aux récoltes. Beaucoup pensent qu'il s'agit d'espèces mises au point par les spéculateurs afin de faire flamber le prix des denrées alimentaires. On ne sut jamais le fin mot de l'histoire, mais ce qui est sûr, c'est que quand ceux qu'on appelait pudiquement des "agriculteurs" commencèrent à mourir de faim, le marché de l'alimentation était devenu tellement tendu qu'une seule compagnie avait réussi à racheter toutes les autres. Les employés de Monsenter travaillaient d'arrache-pied pour produire de quoi nourrir la planète.

C'est aussi à cette époque qu'Internet fut attaqué par des virus d'un type nouveau. Après les vers, ce furent les termites qui se mirent à pulluler sur le Net. Leur particularité : elles détruisaient les disques durs des machines qu'elles infectaient. Très vite, seules les institutions capables de se protéger purent continuer à utiliser le réseau.

Maintenant, les fermes-usines sont à l'abandon et les employés tentent d'exploiter des terres infertiles pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles. Quand on vit en dehors des villes, on se demande comment les citadins font pour trouver de la nourriture ; certains prétendent qu'ils sont capables de fabriquer des steaks artificiels et des légumes génétiquement modifiés qui poussent à grande vitesse. Ceux qui y croient se demandent pourquoi on ne développe pas ces produits pour le reste de la population.
Des commandos parviennent parfois à ramener des renseignements (il faut un "passeport" spécial pour avoir le droit d'entrer et de résider en ville) et tout ce qu'ils sont capables de dire, c'est que les grandes surfaces restent ouvertes et sont bien achalandées. On se demande juste d'où vient la nourriture.


Si ce contexte vous inspire, n'hésitez pas à me faire parvenir vos idées et commentaires, je m'en servirai pour écrire ce roman-feuilleton dont vous pourrez suivre la confection, presque en direct.


samedi 4 août 2012

ARTICLE : Le joker contre la dame rouge

On a beaucoup entendu parler du Joker dernièrement.
Les tireuses de cartes prétendent que si dans son aspect positif, il ouvre des potentialités non exploitées et fait entrevoir des opportunités inattendues, il représente en revanche la folie et l'instabilité lorsqu'il laisse s'exprimer son côté négatif.




Mais il est une autre carte dont j'aimerais parler dans cet article. Une carte à laquelle Lewis Carroll, dans son "Alice au pays des merveilles" prêtait des vertus bien plus redoutables : la dame rouge.




Pour rafraîchir la mémoire, ou pour donner envie d'en lire plus, voici un petit passage du roman.




« Juste à ce moment, je ne sais pourquoi, (Alice et la Reine Rouge) se mirent à courir.
 Ce qu'il y avait de plus curieux, c'est que les arbres et tous les objets qui les entouraient ne changeaient jamais de place : elles avaient beau aller vite, jamais elles ne passaient devant rien. “Je me demande si les choses se déplacent en même temps que nous ?” pensait la pauvre Alice, tout intriguée. Et la Reine semblait deviner ses pensées, car elle criait : “Plus vite ! Ne parle pas !”
(…) Alice regarda autour d'elle d'un air stupéfait.
— Mais voyons, s'exclama-t-elle, je crois vraiment que nous n'avons pas bougé de sous cet arbre ! Tout est exactement comme c'était !
— Bien sûr, répliqua la Reine ; comment voudrais-tu que ce fût ?
— Ma foi, dans mon pays à moi, répondit Alice, encore un peu essoufflée, on arriverait généralement à un autre endroit si on courait très vite pendant longtemps, comme nous venons de le faire.
— On va bien lentement dans ton pays ! Ici, vois-tu, on est obligé de courir tant qu'on peut pour rester au même endroit. »
(Lewis Carroll – Alice au pays des merveilles – De l’autre coté du miroir).



Ça ne vous rappelle rien ?
Courir toujours plus vite, faire toujours plus d'efforts, et surtout, ne pas parler. Ce n'est pas ce que l'on vous demande en permanence ? et pour quel résultat ? pour que rien ne change ?


La société dans laquelle nous vivons a pris les traits de cette dame rouge. Elle nous demande toujours plus, et en échange, elle nous promet que rien ne changera, que nous garderons notre pouvoir d'achat, que nous resterons en sécurité à l'intérieur de nos frontières, que nos enfants exerceront un métier similaire au nôtre.
Est-ce cela que nous voulons ?


Mais il serait naïf de penser que la dame rouge ne s'appuie que sur notre peur de l'avenir et de l'inconnu pour asseoir son pouvoir. Si elle nous fait courir sur place, ce n'est pas seulement pour que rien ne change, c'est aussi pour nous fatiguer.
Après une dure journée de labeur, il est tentant, voire naturel, de prendre un peu de repos et de nous laisser doucement bercer par le ronronnement lancinant de la télévision. Ceux à qui on réserve les rares émissions un peu instructives, en plein milieu de la nuit, sont justement ceux qui n'ont pas besoin de se lever tôt le matin. Rentiers ou chômeurs, ils sont jugés trop dépendants du système pour vouloir lui nuire.


Et puis, en plus de tout figer sur place et de nous fatiguer, la dame rouge dispose d'un autre moyen pour exercer son autorité, elle peut nous empêcher de parler, même si comme dans le roman, ce troisième pouvoir n'est pas aussi efficace que les deux premiers. Elle peut nous ordonner de nous taire, elle peut crier plus fort que nous, mais elle ne peut nous réduire totalement au silence.


À nous de nous organiser pour détrôner cette puissance inique et malfaisante qui, en plus de nous empêcher de réaliser notre destin, nous mène droit dans le mur, autant sur le plan social que sur le plan économique ou écologique. Et puisque le pouvoir ne semble pas vouloir nous délivrer de cette dame rouge, ce sera au joker de le faire.




Et pour les plus techniques d'entre nous, je joins une petite vidéo afin de les convaincre que même si elle fait de son mieux, la dame rouge ne nous a pas encore condamnés au silence.


video


Elle date un peu, mais je pense qu'elle est toujours d'actualité.