dimanche 30 septembre 2012

FICTION : trans-humains contre hyper-humains.

Le mouvement avait été annoncé dès le début du XXIème siècle. Le transhumanisme allait devenir la norme. Mais la norme pour qui ?

Si les plus riches purent facilement se faire implanter des filtres nasaux qui leur permirent de résister à la pollution, pour les autres, le seul moyen d'en bénéficier était d'accepter l'un des packages offerts par les employeurs désireux de "transhumaniser" leur personnel.

En suivant l'exemple de certaines entreprises qui offraient l'assurance maladie et l'assurance vieillesse à leurs employés, les plus en pointe offraient alors des opérations destinées à augmenter le bien-être et l'efficacité de leurs employés. Membres mécaniques insensibles à l'écrasement, aux brûlures ou aux radiations, yeux améliorés permettant de travailler sur des écrans pendant des heures sans se fatiguer, filtres nasaux permettant d'évoluer dans des milieux pollués... tout était disponible sur catalogue, et financé par le syndicat d'initiative.




Certains groupuscules ont prétendu que pendant ces opérations, des puces étaient implantées pour enregistrer et transmettre les habitudes de consommation des individus, ou que des générateurs d'endorphines garantissaient la paix sociale en régulant le flux hormonal des individus. Aucune de ces allégations n'a jamais été prouvée.
Les autres bénéficiaires de ces améliorations furent bien entendu les militaires. Processus de communication intégrés, armes incorporées, exosquelettes... les soldats connurent de nettes améliorations dans leurs capacités. Ce furent aussi les premiers à tester les nouvelles technologies de programmation neuronale. Désormais, former un tireur d'élite ne prenait plus que quelques minutes ; il suffisait de le brancher et d'implanter les connaissances et les reflexes nécessaires dans son cerveau.

Parallèlement, un autre réseau s'est développé, dont les membres s'appelaient entre eux les hyper-humains. Loin de toute amélioration mécanique ou nano-mécanique, ces individus prônaient un monde de vie frugal et un retour à la nature. Cela aurait fait rire tout le monde s'ils n'avaient pas rapidement développé des pouvoirs d'abord considérés comme des anomalies psychiques. Transmission de pensées, psychokinésie, clairvoyance... ces phénomènes furent observés par de nombreux témoins, malgré les réticences que les hyper-humains avaient à faire la demonstration de leurs talents.




Maintenant, c'est à vous de jouer. Pour ceux que ce texte inspire, n'hésitez pas à me faire part de vos commentaires. Je m'en servirai pour écrire le roman qui suit, et qui est régulièrement mis à jour.


mercredi 26 septembre 2012

ARTICLE : L'histoire n'a pas de sens

Le sens de l'histoire, c'est l'argument clé de ceux qui n'ont que leurs certitudes pour convaincre. S'imaginer que l'on fait partie d'une grande civilisation qui accomplit son destin, a en effet quelque chose de rassurant. Mais est-ce pertinent ?



Sur le plan politique, nous avons fini par tenir pour acquis que la démocratie est la pire forme de gouvernement, excepté tout ce qui a été tenté jusque-là (Winston Churchill). Mais accepter ce syllogisme ne doit pas nous empêcher de nous poser des questions sur ce que nous entendons réellement par "démocratie".
Aux États-Unis, pour se faire élire, il faut être soutenu financièrement par les multinationales. En France, il faut avoir fait allégeance à un parti et à toutes les corporations qui gravitent autour. En Grèce, il faut avoir été adoubé par une troïka composée de milliardaires et de technocrates. Alors, vivons-nous encore dans des démocraties ?
Le sens de l'histoire, concept cher à tous les apôtres du progrès, ne devrait-il pas nous orienter vers un système qui verrait s'accroître le pouvoir du peuple ?

Certes, les fervents admirateurs des pays "développés" peuvent facilement comparer notre situation à celle des habitants des pays totalitaires ou théocratiques pour nous affirmer ensuite que nous n'avons aucune raison de nous plaindre, juste parce que les choses sont pires ailleurs... mais leur position est-elle défendable ?

La France est le pays dans lequel on consomme le plus de neuroleptiques au monde. L'espérance de vie a diminué récemment aux États-Unis. Est-ce là le sens de l'histoire dont nous rêvons ?
Et ce ne sont là que quelques exemples. Dans bien d'autres domaines (culturel, environnemental, philosophique... et pourquoi pas, spirituel) force est de constater que si l'histoire a un sens, alors nous marchons à reculons.



Plus dérangeant encore, les pays dont la politique s'éloigne de la nôtre sont traités comme s'ils se fourvoyaient forcément ; et les pratiques de ceux qui, dans certains domaines, pourraient être considérés comme des précurseurs (exemplarité des politiciens dans les pays nordiques, État plurinational de Bolivie...) sont considérées comme des curiosités culturelles, ou sont passées sous silence.

Alors, que faire ?

Pour les individus comme pour les institutions, la recette pour ne pas engendrer des systèmes autodestructeurs et sclérosants tient en trois mots : curiosité, humilité et pragmatisme.
Voir ce qui se fait ailleurs, en acceptant que des progrès puissent être faits chez nous, accepter aussi l'idée que nous ne vivons pas dans le meilleur des mondes possibles, et qu'il nous faut faire en sorte que les choses évoluent toujours dans le bon sens, pour le plus grand nombre d'entre nous, devrait être notre Leitmotiv.
Après, s'il faut imposer cette philosophie à coups de barre à mine pour ne pas se faire traiter de bisounours, alors un passage au magasin de bricolage le plus proche s'impose.


samedi 22 septembre 2012

ARTICLE : le choc des civilisations ? On y travaille

Pour quelqu'un qui revendique une certaine conscience politique et philosophique, il est impossible d'échapper au débat sur ce qui se passe actuellement dans le monde musulman et sur les conséquences que cela peut avoir sur notre quotidien.

D'abord, je tiens à signaler que même si ce n'est pas dans ce registre que je me place, il est toujours possible d'aborder ce sujet avec humour. J'en veux pour preuve cette chronique de Didier Porte, qui exprime beaucoup de choses "choquantes", mais qui a le mérite d'être drôle, même si je ne suis pas d'accord avec tout ce qui y est dit.

video

Cela étant dit, je vais moi aussi me positionner sur le sujet, et je vais essayer d'être clair et de ne pas avoir recours au discours standard qui consisterait à exposer un point de vue facile (la liberté d'expression) puis, à utiliser un "mais" pour le mettre en porte à faux avec un autre point de vue facile (l'apaisement, la responsabilité politique ou l'ordre public) avant de laisser le lecteur choisir son camp.

D'abord, comparons ce qui est comparable.

Nous sommes en face de deux cultures, pour tenter de comprendre "l'autre", il est indispensable d'essayer de se mettre à sa place, et pour cela, je vous propose une petite fiction.

Imaginez une secte, que nous appellerons les prêtres du 22e jour. Imaginez que cette secte soit religion d'État dans un pays que nous appellerons la Troustanie. Maintenant, imaginez que dans ce pays, un média qui se revendique de cette secte publie des appels à tuer les athées de France et à violer leurs femmes et leurs enfants.
Choquant ? Peut-être pas. Dites-vous que pour certains musulmans, cet appel ne serait pas plus choquant que certaines images parues récemment dans Innocence of Muslims ou dans Charlie Hebdo.

Que feriez-vous ?
Si vous vivez en Troustanie, que vous y avez un travail, une famille et des enfants, vous pourriez aller manifester devant l'église ou les médias incriminés. Ne seriez-vous pas choqué si l'on vous interdisait d'exprimer votre mécontentement ?
Et si vous vivez en France, vous regarderiez d'un sale oeil les ambassades de Troustanie ou tout ce qui représente ce pays sur votre territoire.

Maintenant, qu'attendriez-vous des institutions ?
En Troustanie, qu'elles se prononcent fermement contre de tels propos et qu'elles prennent les mesures nécessaires pour les limiter au maximum.
En France, qu'elles fassent tout ce qui est en leur pouvoir (diplomatique et politique, voire militaire) pour faire cesser ces appels provenant de Troustanie.

Ça y est ? Le comportement d'une partie du monde musulman vous semble plus compréhensible, maintenant ?


Ensuite, prenons un peu de recul

Bien entendu, un tel scénario est impossible. Mais pourquoi ?
Parce que l'Occident impose sa vision des choses sur son propre territoire ; ce qui d'ailleurs suit une certaine logique. Là où les choses deviennent un petit peu plus compliquées, c'est que l'Occident impose souvent sa vision des choses en les présentant comme internationales.
Pour ceux qui ont des doutes sur ce fait, pensez aux derniers Jeux olympiques organisés en pleine période de Ramadan.
Quant à la sacro-sainte liberté d'expression, elle a aussi ses limites chez nous. L'appel au meurtre, le négationnisme et la publication de certains documents classifiés restent passibles de sanctions en Occident ; beaucoup de gens s'en accommodent et trouvent même cela plutôt positif...


Autre sujet sur lequel il est nécessaire de prendre de la distance : la violence.



Actuellement, cette affiche est diffusée sur les bus de San Francisco.
On y parle de guerre, d'hommes civilisés et de sauvages, on y oppose Israël au Jihad.
Personnellement, je pense qu'il aurait été plus honnête d'opposer Israël à la Palestine, ou d'opposer le sionisme au jihad, mais dans ce cas, les qualificatifs de civilisés et de sauvages n'auraient plus été aussi clairs...
Mais ce qu'il est important de constater, c'est que cette photo fait moins peur à l'Occidental que celle de musulmans qui défilent dans la rue. Elle véhicule pourtant plus de violence puisque ce n'est plus de résistance ou de combat politique dont elle parle, mais d'extermination et de guerre.



Et faisons attention à ce que nous disons

Vous savez à quel point j'attache de l'importance aux mots. Voilà un bon exemple de manipulations à ne pas laisser passer. Dans l'article sur lequel je l'ai trouvée, le commentaire qui suit cette photo est : "Ici sur un transport en commun de San Francisco, l'affiche à connotation islamophobe, dont un juge a autorisé l'affichage à New York. Photo : DR"
Connotation islamophobe ! C'est un appel clair à l'extermination d'un peuple. Parler d'islamophobie dans ce cas reviendrait à dire qu'Anders Behring Breivik, le terroriste norvégien, était agoraphobe.
Pour être clair, quand une touriste préfère ne pas se rendre dans un pays du Maghreb parce qu'elle a des copines qui lui ont dit qu'on ne pouvait pas s'y promener en short sans s'attirer des ennuis, c'est de l'islamophobie — et ce n'est pas si grave. Quand on vote à droite parce qu'on estime qu'il y a trop d'Arabes en France, c'est du racisme et de la discrimination. Quand on appelle à soutenir Israël dans une lutte contre des sauvages, c'est de la purification ethnique et cela est passible de poursuites devant les tribunaux internationaux... mais les seuls tribunaux internationaux dont nous disposons sont sous la coupe des Occidentaux. La boucle est bouclée.


Pour conclure

Le pamphlet Innocence of Muslims, en tant que film raciste et appelant à la haine, devrait être considéré comme tel par les tribunaux de tous les pays qui disposent de lois pour lutter contre ce fléau. Ceux qui y ont contribué devraient être entendus et les instigateurs de ce projet (je ne parle pas des acteurs, mais des producteurs et des réalisateurs) devraient pouvoir être poursuivis.

Charlie Hebdo est à côté de la plaque, et j'en veux à ce journal d'utiliser un prétexte libertaire pour faire un coup éditorial. Lui qui prône la liberté d'expression, où était-il pendant les orgies de DSK ? Décidément, la presse française est bien lamentable... à part peut-être Fluide glacial !

Enfin, en tant qu'humaniste, je tiens à préciser que je ne souhaiterais pas voir la dictature économique et financière qui nous oppresse actuellement remplacée par une dictature théologique quelconque.
Je tiens aussi à préciser que si le sketch de Didier Porte m'a beaucoup fait rire, le tour de passe-passe qu'il effectue pour comparer les pratiques de l'Islam aux pratiques moyenâgeuses de l'Europe ne m'a pas convaincu. En admettant que nous soyons en avance, cela ne nous sera pas d'une grande utilité si, comme je le pense, le chemin de la technocratie et de l'ultralibéralisme sur lequel nous nous sommes engagés se révèle être une impasse.

jeudi 20 septembre 2012

FICTION : Le web 3.0

Alors qu'en France, on en est encore à se demander quand les notes de frais des parlementaires seront mises en ligne ; que dans le monde, certains projets libertaires sont détournés de leur fonction première au service de quelques sociétés rétrogrades, que Julien Assange est toujours réfugié politique parce que le monde "libre" le persécute, et qu’un navet destiné à insulter et à choquer les musulmans connaît un succès médiatique retentissant dans le monde, peut-on tout de même rêver d'un internet qui joue son rôle de contre-pouvoir ?


Ils avaient cru qu'ils feraient autant de profit avec cette nouvelle génération d'Internet, mais ils se sont trompés. Le web 3.0, imaginé par quelques petits malins, ne coûtait rien et ne rapportait pas grand-chose.
Le concept était simple. Si le Web 2.0 avait permis d'élargir le commerce électronique à un public qui n'y connaissait rien en informatique, son petit frère servirait à fournir des informations pertinentes pour ce même public, tout en échappant aux institutions qui filtraient le savoir.

L'idée était venue à Stéphane Ménard, pendant l'automne 2012. La France était secouée par de nombreux scandales qui mettaient en cause des policiers corrompus. Comme il avait du mal à croire qu'un tel phénomène soit être nouveau,Stéphane se demanda pourquoi la presse n'en parlait que très sporadiquement. En parcourant quelques articles en ligne, il trouva une phrase qui lui mit la puce à l'oreille : "de source proche de l'enquête".
Une telle phrase signifiait que les journalistes disposaient probablement d'une source dans la police, et comme cette source était tout aussi probablement rémunérée, il semblait normal que les médias ne souhaitent pas attirer l'attention sur cette pratique douteuse qui consistait à revendre des informations confidentielles et que les policiers appelaient entre eux "la tricoche".

Il se rendit sur Google et tapa "de source proche de l'enquête" pour savoir quels journaux avaient le plus de chances d'obtenir leurs informations de la sorte. Il ne garda que les articles d'actualité récente et obtient le résultat suivant :
Sur les seize premiers sites donnés, ceux qui étaient les plus susceptibles d'avoir écrit leur article en rémunérant des policiers étaient
Le Point : II
Le Parisien : II
L'Express : I
LCI/TF1 : I
Le Monde : I
TV5 : I
La Voix du Nord : I
AFP : I
Le Figaro : I
Libération : I
Le Journal de Saône et Loire : I
Le Nouvel Observateur : I
Presse Océan : I

Les chiffres étaient trop petits pour fournir des informations exploitables, alors Stéphane écrivit un programme qui consulterait automatiquement Google et récupérerait les mêmes données sur plusieurs milliers de sites référencés. Il n'eut ensuite aucun mal à déterminer quels étaient les journaux qui obtenaient le plus de renseignements "de source proche de l'enquête" et put mettre ce classement en ligne.
Le Web 3.0 était né.



Le système continua ensuite de s'affiner. On s'en servait pour faire des analyses pertinentes de notre société, par exemple en comparant l'utilisation du mot "musulman" (en baisse) et celle du mot "salafiste" (en hausse). On pouvait aussi trouver des sites qui ciblaient leurs efforts sur des partis politiques, des ONG ou des commerces. D'autres encore s'attaquaient à des sujets plus techniques, et grâce au Web 3.0 il fut facile de constater qu’en France, la courbe du chômage était inversement proportionnelle à celle du coût du travail et que l'extrême droite était plus populaire dans les agglomérations où l'on regardait principalement TF1.

Bien entendu, quelques faux sites 3.0 furent créés pour manipuler l'opinion en orientant les données, mais ils furent vite dénoncés, voire attaqués par des internautes qui prenaient le temps de vérifier les codes sources.


Un article de fiction "proche" que j'espère voir un jour se réaliser. En attendant, je vais économiser un peu pour m'acheter un "vrai" ordinateur et me mettre à la programmation. Pour ceux que ce texte inspire, n'hésitez pas à me faire part de vos commentaires (ou à créer du 3.0). Je m'en servirai pour écrire le roman qui suit, et qui est régulièrement mis à jour.


mardi 18 septembre 2012

ARTICLE : La crise n'est pas mondiale, elle est généralisée

Google est un outil formidable.
Si vous essayez de savoir si la crise que nous traversons est structurelle ou conjoncturelle, vous constaterez que la question se posait et restait ouverte en 2008, que quelques articles ont été écrits sur ce sujet en 2009, et qu'ensuite, il n'y a plus rien. La réponse à cette question, si réponse il y a, se trouve sur d'obscurs blogs relayés dans les sous-sols de Google.



Personnellement, je pense qu'une question à laquelle on n'a pas trouvé de réponse en quatre ans est une mauvaise question.

La crise ne sera structurelle que si on le veut bien.

Si la crise est conjoncturelle, attendre serait la solution, tout en effectuant quelques ajustements destinés à rendre la situation plus supportable pour l'État et pour les plus démunis ; ces ajustements pourraient d'ailleurs se limiter à des appels à patienter et à des effets d'annonce. C'est l'option qui semble avoir été retenue par la plupart de nos politiciens, tous bords confondus.

Si l'on accepte l'idée que la crise est structurelle, il va falloir réfléchir à ce en quoi le système peut changer pour remédier au problème. Dans ce cas, la première question qui me vient à l'esprit est : "Peut-on vivre dans une société harmonieuse, sans croissance ?"
Et à ceux qui ne manqueront pas de me dire qu'on peut aussi revenir à l'âge de pierre, je répondrais que la croissance n'est pas la production, la croissance, c'est l'accélération de la production. Vouloir vivre dans un système qui ne peut fonctionner sans croissance, c'est comme monter dans une voiture sans freins.


Maintenant, comment est-ce que les choses vont évoluer pour les individus si la société ne change pas ?

Puisqu'un changement de système n'est pas au programme (il n'est même pas sérieusement envisagé par nos politiciens), il va falloir faire avec la crise dite "conjoncturelle".
Et ce ne sera pas si difficile. D'ailleurs, c'est tellement simple que plus de 80 % de la population mondiale y parvient très bien. Dans beaucoup de pays, la plupart des gens sont au chômage pendant plusieurs mois de l'année, et quand ils travaillent, ils travaillent six jours par semaine pour un salaire de misère. Les enfants des plus défavorisés n'y ont aucune chance de trouver un emploi convenable et l'on y consomme de la malbouffe qui permet de rester en vie (mais pas très longtemps) pour moins d'un euro par jour. Tout cela ne nous avait pas trop dérangés quand ça se passait loin de chez nous ? Ça tombe bien, parce que c'est ce qui va nous tomber sur le nez.




En fait, nous ne sommes pas confrontés à un phénomène nouveau, c'est juste que les lignes ont bougé et que nous sommes en train de passer du mauvais côté de la "crise".

lundi 10 septembre 2012

ARTICLE : On dresse aussi les caniches

Quitte à gâcher le suspens, je vais tout de suite vous dire pourquoi je suis contre l'enseignement de la morale (qu'elle soit laïque ou religieuse) à l'école : les animaux domestiques ne survivent pas dans la jungle.




Parce qu'il faut bien l'avouer, nous vivons dans un milieu hostile, où les plus forts n'hésitent pas à exploiter les plus faibles.
Moraliser des enfants revient à lâcher des poules d'élevage en pleine jungle quand ils auront atteint l'âge adulte. Ils se feront dévorer par les bêtes fauves que sont les institutions. Encore plus grave, ils seront incapables de lutter contre ceux dont les parents ont enseigné à leur progéniture qu'il fallait se montrer plus agressif. Franchement, vous imaginez que Sarkozy a inculqué des valeurs d'égalité et de fraternité à son fils Jean-Jean ?
À quoi serviront les cours de morale quand il s'agira de résister aux politiciens serpents, aux banques rapaces et à tous les carnassiers qui ne cherchent qu'à nous plumer ?




Je serai donc catégorique : si moralisation il doit y avoir, il faut qu’elle vienne d'en haut. C'est par l'exemplarité et le confort qu'elle générera qu'elle pourrait ensuite retomber, en pluie fine, sur les citoyens.

Maintenant, je me pose une question : est-ce réellement pour résoudre les problèmes de société (alors que cela ne fera que les aggraver) que le gouvernement souhaite imposer des cours de morale ? Ne serait-ce pas plutôt pour rendre les citoyens encore plus vulnérables et dociles afin de leur faire perdre le peu de chances qu'il leur restait de gagner la bataille contre l'ordre établi et les institutions ?

samedi 8 septembre 2012

FICTION : audessusdeslois.com

Les règles sont faites par ceux qui se préparent à les bafouer, mais qui pensent qu'on va les respecter.



C'est un peu comme pour l'Europe, les frontières ont été ouvertes afin de permettre aux banques et aux multinationales de prospérer plus facilement, et ensuite, on reproche aux Roms de circuler librement d'un pays à l'autre...

Je suis tombé hier sur un site où étaient référencées toutes les failles du système. Je ne parle pas des failles conjoncturelles, comme le fait qu'il n'y ait pas de douaniers sur l'autoroute A6 à la frontière belge, ou que la porte de secours du cinéma Gaumont 17e soit bloquée en position ouverte (bien qu'un tel site aurait son intérêt), mais bien des failles structurelles.

Par exemple, comme les banques cherchent à promouvoir le paiement électronique, sans prendre les mesures nécessaires pour sécuriser ces transactions (parce que cela coûterait trop cher), elles remboursent les dépenses qui ne sont pas de votre fait, sur simple demande de votre part.
Ce site fonctionne de la manière suivante : vous faites des achats avec votre carte bleue, mais c'est un autre compte qui est débité. La somme qui est débitée de votre compte sert à payer une autre transaction, vous êtes donc libre d'aller voir votre banque pour vous faire rembourser dès réception de votre relevé de compte. Comme ce site est en plusieurs langues, les achats sont toujours faits dans des pays différents, ce qui brouille les pistes et empêche les poursuites de se faire. Les transactions, elles-mêmes, sont toujours effectuées depuis un pays différent de celui dans lequel réside le possesseur du compte qui sera débité.
Pour l'instant, les sites d'achat qui appliquent le protocole 3D-Secure et les compagnies aériennes qui exigent la remise de la carte au moment de remettre les tickets sont épargnés, mais les avocats qui travaillent pour audessusdeslois.com travaillent sur ces cas...

Ce site permet aussi d'ouvrir un compte à l'étranger, sous le nom d'un volontaire qui vit sur place et qui a besoin, lui aussi, de disposer d’un compte en dehors de son pays, et de faire des virements sur son compte ou des achats en ligne pour ses dépenses courantes. Ainsi, même les jardiniers et les femmes de ménage peuvent profiter des avantages initialement réservés aux multinationales et aux riches expatriés.

© audessusdeslois.com

Cet article vous inspire des commentaires ?
N'hésitez pas à m'en faire part, et je m'en servirai dans le cadre de la rédaction de ce roman futuriste en ligne.


vendredi 7 septembre 2012

ARTICLE : Comme au temps des vikings. On met l'héritage sur un bateau... et on fout le feu

Nous sommes à l'aube du vingt-et-unième siècle, le niveau de vie régresse, le terme "pouvoir d'achat" est devenu un gros mot (il rejoindra bientôt "lutte des classes" dans le groupe des mots has been), et pourtant, le système tient encore debout...




Il faut avouer que tout cela est bien fait. Dans notre société hyper compétitive, tout est fait pour entretenir notre peur et notre agressivité.
Dès l'enfance, on travaille dur pour réussir à l'école, ensuite, on travaille dur afin d'obtenir ses diplômes. Puis, on trouve un emploi et on continue de travailler dur pour progresser au sein de la structure qui nous a embauchés. Pour les plus méritants, il s'agira ensuite de mettre de l'argent de côté.
Pendant tout ce temps, nous voyons des collègues et des amis baisser les bras autour de nous. Ils renoncent à travailler plus, ils renoncent à acheter les actions de leur société pour devenir collaborateurs, ils renoncent à demander à leurs amis de les appuyer pour obtenir tel ou tel poste. Ils décident de se contenter de ce qu'ils ont déjà et pour quoi ils ont tant lutté ; un pavillon en banlieue, une Audi, un salaire qui leur permet de partir à l'étranger une ou deux fois par an. Au final, ils s'en sont plutôt bien tiré.

Mais en discutant avec eux, on se rend compte que quand on arrête de chercher à en obtenir plus, la pression diminue, mais ne disparaît pas pour autant.
D'abord, il y a les enfants à élever. Et si les frais de scolarité sont un sujet sensible en ce moment dans tous les pays développés, c'est parce que le problème concerne deux générations ; celle des étudiants, dont les plus pauvres se retrouveront marginalisés d'office, et celle des parents à qui on demande de retourner dans la "rat race" pour assurer l'avenir de leur progéniture.

Au moment où j'écris cet article, quand je tape "augmentation des frais de scolarité en France" sur Google, je tombe, en premier choix, sur les recommandations de Fitch à ce sujet. De là à penser que ce sont les agences de notations qui décident de notre sort, il n'y a qu'un pas que je franchis allègrement.


Et puis, pour les plus récalcitrants, ceux qui ont renoncé à procréer dans ce monde injuste et cynique, le jeu ne sera plus d'en avoir toujours plus, mais de garder ce qui a été acquis. Étrangement, quand on tente l'expérience, on se rend compte que ce n'est pas moins difficile. À salaire égal, quelqu'un qui a réussi à se payer, difficilement, mais sans crédit, une voiture à trente ans, ne pourra plus se permettre de la garder à quarante. Même lorsque l'on renonce à se montrer compétitif, il faut continuer de lutter pour ne pas voir disparaître tous les symboles de sa réussite acquis à la sueur de notre front. La télévision, l'ordinateur, la voiture, l'appartement sont autant de besoins (réels ou artificiels) qui nous obligent à continuer de subir le système qui nous oppresse ; autant de produits et de symboles qui nous permettent, non seulement de nous déplacer, de partir en vacances et de regarder les actualités, mais aussi, et surtout, d'appartenir à une catégorie sociale, celle des gens qui ont... qui ont la télé, qui ont une voiture, qui ont internet...
Et pour ceux qui ont presque tout abandonné, ceux à qui il ne reste plus qu'un toit pour survivre, ils doivent s'y accrocher parce que c'est le dernier symbole qui les rattache au monde des vivants. S'ils le perdent, ils deviennent "exclus".

Et c'est là que les choses deviennent particulièrement complexes. Si le système tient encore debout (même s'il vacille), c'est bien sûr à cause des nantis qui font tout pour conserver leurs privilèges, mais c'est aussi, et surtout, à cause de tous ceux qui, même s'ils ne possèdent presque rien, préfèrent défendre leurs oppresseurs plutôt que de prendre le risque de tout perdre.
Je comprends que de riches propriétaires se battent bec et ongle pour transmettre leur succession, mais ce qui leur donne la force de lutter, malgré le fait qu'ils soient ultra-minoritaires, c'est que beaucoup d'entre nous sont prêts à les rejoindre afin de pouvoir léguer la CX au fiston...


Ainsi, entre l'accaparement des richesses, qui n'est que le corollaire du système capitaliste dans lequel nous vivons, et le nivellement par le bas qu'avait engendré le communisme d'État, il reste une voix à trouver ; celle de la redistribution qui permettrait à chacun de vivre décemment, et aux plus motivés de faire les efforts nécessaires pour développer leurs projets. En d'autres termes, combien d'exclus seraient sortis de la misère si l'on divisait le salaire des hauts fonctionnaires par deux ou par trois ?

mercredi 5 septembre 2012

ARTICLE : À bas la pub !

Comme certains d'entre vous l'avaient déjà remarqué, des liens publicitaires étaient présents sur ce blog. Je viens de les supprimer.



Maintenant, je vous dois quelques explications sur ce qui m'a poussé à agir de la sorte.

Pourquoi y avait-il des pubs ?

Vu le peu d'intérêt économique que cela portait, j'espère que vous me croirez si je vous dis que je trouvais amusant de dénoncer un système tout en me faisant payer par ce même système. Dans ce blog, et dans mes textes en général, j'essaie de réhabiliter l'ingratitude comme une valeur permettant de lutter contre une société fondée, entre autres, sur l'hypocrisie et sur les liens d'allégeance ; concepts qui s'imposent, de plus en plus, comme les derniers rapports humains qui nous unissent.
Profiter du système que l'on dénonce est à mes yeux un mode de vie, si ce n'est un art.
Quand c'est bien fait, cela peut même s'apparenter à de la résistance économique.

Sur le plan financier, parce qu'il ne doit pas être balayé d'un revers de la main, je dois dire que les choses sont un peu plus complexes. J'admire le sage Diogène, parce qu'il avait réussi à s'affranchir du jugement moral de ses contemporains, mais je n'ai ni le courage ni la force (même si j'y pense régulièrement) de m'installer dans un tonneau (au pire, je commencerais avec un camping-car). Comme je veux passer un maximum de mon temps à écrire, les journées ne seront jamais assez longues pour me permettre de cultiver un potager et de devenir autonome sur le plan alimentaire, sans parler d'un toit pour m'abriter de la pluie. Bref, je rêve d'une société sans argent, mais tant qu'elle ne sera pas avérée, il faudra, hélas, que je me compromette un minimum pour survivre.


Pourquoi les avoir supprimées ?

J'ai trouvé ce matin un commentaire sur l'un de mes articles. L'auteur expliquait que les liens publicitaires décrédibilisaient mes propos. Autant j'assume une part de contradiction dans ma vie en général, et dans mes textes en particulier, autant je ne peux pas tolérer que le message révolutionnaire, auquel j'attache beaucoup d'importance, en subisse les conséquences. Les pubs ont donc disparu.


Conclusion

J'ai eu, il y a bien longtemps, une conversation avec un évangéliste américain qui « répandait la parole du Christ » au Cambodge. Lorsque je lui ai demandé s'il était conscient du fait que tous ceux qui se convertissaient en échange d'un peu de nourriture ne le faisaient que par intérêt, il m'a répondu : « Ce ne sont pas eux que nous cherchons à convertir, ce sont leurs enfants. »

Le cynisme de cet homme d'Église m'a éloigné à jamais de toute religion exercée sous une forme dogmatique, mais j'aurais dû me souvenir de cette phrase avant de répondre à l'appel de Google AdSense. Un message ambigu ne fera pas changer d'avis ceux qui sont déjà acquis à la cause, mais il perdra tout son sens aux yeux de ceux qu’il reste à convaincre. Le monde dans lequel nous vivons est assez complexe pour que nous n'y rajoutions pas nos propres incertitudes. Désormais, je ferai en sorte que ce blog soit plus en adéquation avec le message que j'essaie de faire passer.

samedi 1 septembre 2012

FICTION : la résistance 2.0

Un autre facteur qui a participé au déclenchement du grand réajustement reste, sans conteste, l'apparition d'un mouvement qui fut d'abord considéré comme un phénomène de mode, avant d'être qualifié de résistance 2.0.


Ce phénomène débuta avec l'apparition de Wikileaks. Ce site qui mettait en ligne des documents classifiés fit trembler plusieurs gouvernements, au point que son fondateur dût se réfugier en Équateur comme réfugié politique pour échapper aux poursuites qu'on avait lancées contre lui en Occident.
Wikileaks fut fermé, mais il ne fallut que quelques années pour que d’autres sites, beaucoup plus décentralisés, fassent leur apparition. Un nom émergea du lot et quelques années plus tard, tout le monde savait qu'on trouvait facilement des documents confidentiels sur "Ghost Snitch", un site auquel contribuaient tous ceux qui avaient accès à ces documents et qui pensaient que le reste de la population avait le droit de savoir et devait pouvoir en profiter.




Il y eut aussi l'émergence des conférences gesticulées, ces shows pendant lesquels des individus, anonymes ou pas, expliquaient en quoi leur emploi ou leur fonction relevait de l'escroquerie et en quoi le système ne laissait aucune chance aux protagonistes pour faire en sorte que les choses changent. On y apprenait comment les associations devaient faire allégeance aux ministères pour toucher leurs subventions, comment les publicitaires créaient des besoins totalement artificiels en manipulant les masses et comment les banques créaient des richesses tout en faisant en sorte que ces richesses soient de plus en plus inégalement réparties.



Parallèlement à ces deux phénomènes, que les savants qui aimaient tout ranger dans des boîtes classaient dans la catégorie des micro-leaks, les citoyens eurent aussi accès à des données bien plus massives, que ces mêmes savants qualifièrent de macro-leaks.
Une macro-leak, c'est une vérité qui s'exprime le plus souvent sous forme de courbe, et qui est mise à disposition du public, par un chercheur ou un fonctionnaire anonyme, alors qu'elle aurait dû rester confidentielle.

Grâce aux macro-leaks, on a appris que le nombre de viols dans les villes diminuait en fonction du nombre de vidéos pornos diffusées sur le Net, dans cette même ville, que les banques faisaient le plus de profits dans les pays dont les habitants se situaient en majorité juste au-dessus du seuil de pauvreté, qu'un fils d'ouvrier avait autant de chance de devenir millionnaire en jouant au loto qu'en travaillant à l'école et qu'un homme qui sortait de prison avait 42 fois plus de chance de mourir de mort violente qu'un type qui n'aurait jamais été interné.

Quelques politiciens utilisèrent ces données pour dénoncer le système en place et tenter de se faire élire, on les qualifia de démagos et on augmenta les tarifs des connexions Internet pour s'assurer que seuls les plus riches y aient accès.

Et maintenant, c'est à vous de jouer.
Les commentaires que vous inspire cet article me permettront de rédiger le roman qui suit, et qui est disponible gratuitement sur le net.