Une fois n'est pas coutume, dans ce post, je vais vous parler de moi, et des difficultés que je rencontre parfois à me tenir droit dans mes bottes.
En effet, comme toutes les personnes qui ont des convictions, je me retrouve parfois en contradiction avec elles, et la dernière fois que cela m'est arrivé, c'était à Londres ; à l'aéroport d'Heathrow, terminal 5, pour être plus précis.
Depuis que j'ai décidé de consacrer l'essentiel de mon budget à parcourir le monde, je suis devenu ce que les compagnies aériennes appellent un "grand voyageur". Ça semble très superficiel, et ça l'est, mais je dois avouer qu'entre le lounge avec vin à volonté et accès Wi-Fi, et les frais d'hôtel payés par British Airways quand je décide de passer un week-end à Londres, c'est un statut que j'apprécie. Et ce, même si je n'ai aucun mérite à y avoir accédé.
Et c'est là où le bât blesse. La dernière fois que je passais par cet aéroport, en venant d'Athènes et pour passer mes fêtes à Édimbourg, j'eus la désagréable surprise de voir que les files prioritaires, celles réservées habituellement aux grands voyageurs, n'étaient pas activées. Les conséquences, bien que prévisibles, n'en furent pas moins désastreuses : je dus faire la queue avec le commun des voyageurs et n'eus pas le temps de profiter du lounge pour me relaxer avant de reprendre mon vol pour l'Écosse.
Le pire dans tout cela, c'est que ma rancune ne se portait pas naturellement sur British Airways, mais bien sur les gens qui faisaient la queue devant moi. Entre les familles nombreuses incapables de contenir les débordements de leurs enfants qui se mettent à courir partout et les touristes qui ne comprenaient pas l'anglais, pendant quelques instants, j'ai haï ces gens qui me faisaient perdre mon temps, qui n'est pourtant pas plus précieux que le leur. Moi qui rechignais à prendre la file prioritaire lors de mes premiers voyages de "privilégié", j'avais bien changé...
Que dire d'un tel comportement ?
D'abord, que si un système privilégie une partie de la population (ce qui est le cas dans notre monde, puisque les pays riches monopolisent l'essentiel des richesses) cette population a le droit de s'attaquer à ce système parce qu'il est injuste !
Peuvent-ils tout de même profiter des privilèges qui leur sont offerts ? C'est la question la plus difficile, mais on peut la poser autrement :
Dois-je m'abstenir d'aller dans le lounge de British Airways sous prétexte que c'est un privilège qui me semble injuste ?
Je serais tenté de répondre : "Oui, si cela peut servir à enrayer ce système", mais si renoncer à un privilège pouvait fragiliser une institution, ce privilège serait donné à d'autres... donc, cette réponse n'est pas valable.
En fait, faire la queue avec le commun des voyageurs ou dans la "fast lane" n'aura aucune influence, pas plus que de boire, ou non, du vin à volonté dans le lounge, tant que nous ne serons qu'une poignée à nous poser la question. En revanche, ce qui est important, c'est que les gens qui prennent l'avion sachent qu'une partie du prix exorbitant de leur billet sert à abreuver une clientèle plus riche et chouchoutée par les compagnies aériennes. C'est pour cette raison que la meilleure chose que j'ai trouvée à faire jusqu'à présent, c'était d'écrire cet article.
Au passage, il me permet aussi de me souvenir qu'avec tous les Occidentaux qui liront cet article, je fais partie des privilégiés de ce monde, et que si je veux une société plus juste, il me faudra changer mes habitudes, ou renoncer à ce que je considère comme du confort, mais qui n'est rien d'autre que du luxe.
Et pour conclure, je dirais que cette adaptation, qui nous est souvent présentée comme une baisse du niveau de vie par nos politiciens, est souhaitable. Nous devrions nous féliciter de devoir consommer moins.
Et parce que l'histoire continue:
Des articles à tendance libertaires, et un nouveau jeu : "la révolution dont vous êtes le héros"
samedi 29 décembre 2012
samedi 22 décembre 2012
ARTICLE : À quoi servent les politiciens ?
La question n’est pas si insensée. Si nous sommes attachés à
ces personnes supposées nous représenter dans les institutions, cela ne doit
pas nous empêcher de nous demander ce qu’elles font là, à quoi elles servent,
et surtout, pour qui elles travaillent.
Parce que dans beaucoup de cas, même leur légitimité est
remise en cause. Entre les fraudes, les découpages électoraux, les arrangements
entre amis et les places réservées, on est en droit de se demander si chacun
est bien à se place dans le jeu politique. Puisqu’on parle de démocratie,
pourquoi tolère-t-on que les ministres ne soient pas choisis parmi les
parlementaires élus, que les sénateurs soient élus par leurs copains et que
seule la loi qui stipule que les candidats doivent être humains empêche les
partis de faire élire une chèvre à l’assemblée dans les circonscriptions qui
leur sont favorables ?
Pour pousser un peu plus loin le raisonnement, on peut aussi
s’étonner de voir que les médias exposent les politiciens déjà connus et ne
daignent faire un effort pour les autres que lorsqu’ils sont sûrs que
l’audimat suivra. Déjà, Napoléon III avait été élu parce que son nom n’était
pas inconnu des Français, il est regrettable de voir que depuis tout ce temps, la
démocratie n’a pas beaucoup évolué.
Et maintenant que nous nous sommes demandé si les
politiciens sont réellement élus, on peut se demander s’ils font vraiment leur
travail de politicien.
Ils sont supposés nous écouter et voter des lois qui
résolvent nos problèmes. Le constat est totalement différent : ils
n’écoutent que les instituts de sondages et votent les lois en fonction des
demandes qui viennent des groupes de pression qui les entourent. En d’autres
termes, les politiciens ne cherchent plus à devenir populaires grâce à leurs
idées, mais à le rester malgré leurs décisions. Ensuite, ils se retranchent
derrière des rapports d’experts, des travaux institutionnels et un principe de
réalité élaboré par les économistes dont le travail est justement de limiter le
pouvoir du politique pour justifier leur inaction.
Dans ce contexte, toute élection s’apparente à la signature
d’un chèque en blanc, et même lorsque l’on s’intéresse aux candidats qui se
revendiquent « hors du système » on peut voir qu’ils sont peu
nombreux à parler de diminuer le nombre de députés, d’imposer un âge maximum
pour les sénateurs, de prôner le non-cumul des mandats et de vouloir favoriser
les initiatives locales et la démocratie directe. Les élections ne
s’apparentent plus à une délégation de pouvoir, mais bien à une confiscation.
Alors, pour la prochaine république (celle qui ne viendra
qu’après un bain de sang, puisque nos élites ne céderont rien sans y être
obligées) pourquoi ne pas privilégier un pays sans politiciens ?
Les sondages se chargent de nous demander notre opinion. Des
lois pourraient être votées avec un système pétitionnaire et promulguées après
référendum. Les lobbyistes n’auraient plus à corrompre nos représentants, mais
à convaincre l’opinion et les débats pourraient se tenir sur Internet. Ils
seront mieux suivis que ceux de l’Assemblée nationale où ceux qui ne dorment
pas lisent le journal, quand ils ont fait l’effort de s’être déplacés.
Qu’est-ce qu’il nous manquera alors par rapport au système
actuel ? Qu’est ce que les politiciens peuvent apporter et qui fait défaut
aux citoyens ? Une idéologie qui sert de ligne directrice ? Une
vision claire de l’avenir ?
Rien. Il n’y a rien que l’on ne peut pas mieux faire que
ceux pour qui nous votons, à condition que l’on élabore un système dans lequel
nous pouvons nous exprimer et délibérer sereinement. Et c’est justement la
raison pour laquelle ils ne veulent pas d’un tel système.
Et puisque la révolution continue
samedi 15 décembre 2012
ARTICLE : Il n'y a pas d'homo-sceptiques, juste des homophobes.
Un petit article sur le mariage homosexuel, parce qu'il me semble que la façon dont cette question est traitée est symptomatique d'une société qui refuse de réfléchir et dont certains membres s'efforcent de camper sur ses positions.
D'abord, et pour mettre tout de suite les choses au clair, je tiens à dire que je suis pour ce qui va dans le sens de "plus de liberté" et "plus d'égalité" pour tous les individus. À ce titre, je suis pour le mariage homosexuel.
Maintenant, comme j'essaye de ne pas me montrer dogmatique sur des questions de sociétés, j'écoute les arguments de ceux qui ne sont pas d'accord avec moi, et là, je dois dire que tout ce qui a pu être dit sur le sujet m'effare totalement.
D'abord, il y a les intégristes chrétiens — je parle, bien sûr, de ceux qui n'avancent pas masqués — qui brandissent la bible comme un livre de loi (alors qu'ils n'ont en général rien contre le prêt à usure) et qui prennent pour arguments les racines chrétiennes de la France afin de s'opposer au mariage homosexuel.
À ces dangereux chrétiens, j'aimerais signaler qu'aucune religion ne peut se réclamer de l'ordre du culturel (avant la chrétienté, il y avait des druides en France, et on ne parle pas des racines druidiques du pays) que la sexualité de Jésus n'est pas dénuée d'ambiguïtés et qu'ils ne font pas tout un plat quand un fils de bonne famille baise avant le mariage (tant qu'il prend ses précautions et qu'il n'engrosse pas la femme de chambre).
Je classe donc ces types dans la catégorie des fanatiques hypocrites et ne chercherais même pas à discuter avec eux.
Ensuite, il y a les alarmistes, ceux qui parlent du "bouleversement dans les fondements de notre société". Ces oiseaux de mauvais augure pensent, pas toujours sincèrement, que le fait d'avoir un couple de voisins homosexuels et mariés va changer leur vie, celles de leur ville et même celle du pays. Lorsque l'on est contre quelque chose, on peut toujours brandir la menace de la boîte de Pandore. Cela marche en politique comme en sociologie et en économie ; bref, cela fonctionne toujours quand on ne parle pas d'une science exacte. Prédire un futur catastrophique à cause d'une mesure présente n'est pour moi qu'une forme de rhétorique qui masque un raisonnement bien moins rationnel.
Enfin, il y a les charitables. Ceux qui s'inquiètent pour les plus faibles et qui, pour s'opposer à un droit légitime, parce que plus égalitaire, se soucient des enfants.
Qu'adviendra-t-il aux enfants élevés par des homosexuels ?
À ceux qui utilisent cette question pour exprimer leurs doutes et leur dégout en se donnant bonne conscience, je ne prendrai pas la peine de répondre. Ils trouveront de quoi se sustenter dans les chapitres précédents.
À ceux qui se posent sincèrement cette question (s'il y en a) je répondrai que dans tous les pays qui ont légalisé l'adoption par des couples homosexuels, on ne dénote aucune conséquence. Il n'y a pas plus de dépressifs (en fait, il y en a toujours moins qu'en France) ni plus de marginaux ou que sais-je encore. Ils peuvent donc être rassurés.
J'irai même plus loin : en imaginant que des études finissent par prouver que des enfants élevés par des couples homosexuels ont plus de chance d'être heureux et de réussir leur vie que les autres, il faudra que ces inquiets d'aujourd'hui militent contre la procréation naturelle et l'éducation par un père et une mère. Si l'on refuse à des hommes et à des femmes le droit d'adopter parce qu'on estime que leurs enfants sont plus susceptibles d'être malheureux, peut-on tolérer que des couples "classiques" élèvent des enfants en sachant que ces chérubins seraient mieux ailleurs ?
Et c'est là où je voulais en venir dans cet article. La plupart de gens qui sont contre les mesures qui permettraient à une minorité de mieux vivre sont en fait contre cette minorité.
Le "je ne suis pas homophobe, mais je suis contre le mariage homosexuel" me rappelle furieusement le "je ne suis pas raciste, mais je trouve qu'il y a trop d'étrangers en France". Pour démasquer les hypocrites, il suffit souvent de pousser leur raisonnement à l'extrême. Les gens qui sont contre le mariage homosexuel parce qu'ils s'inquiètent pour les enfants finiront par s'en remettre à la "loi de la nature" ou à la "tradition" pour défendre leur point de vue. Ceux qui ne sont pas racistes finiront par concéder qu'il y a "de bons et de mauvais étrangers" et que la "France doit rester française". On n’aura convaincu personne, mais au moins, on saura à qui on a affaire.
Sinon, puisque la révolution n'a pas vraiment commencé, on peut toujours en faire un roman.
D'abord, et pour mettre tout de suite les choses au clair, je tiens à dire que je suis pour ce qui va dans le sens de "plus de liberté" et "plus d'égalité" pour tous les individus. À ce titre, je suis pour le mariage homosexuel.
Maintenant, comme j'essaye de ne pas me montrer dogmatique sur des questions de sociétés, j'écoute les arguments de ceux qui ne sont pas d'accord avec moi, et là, je dois dire que tout ce qui a pu être dit sur le sujet m'effare totalement.
D'abord, il y a les intégristes chrétiens — je parle, bien sûr, de ceux qui n'avancent pas masqués — qui brandissent la bible comme un livre de loi (alors qu'ils n'ont en général rien contre le prêt à usure) et qui prennent pour arguments les racines chrétiennes de la France afin de s'opposer au mariage homosexuel.
À ces dangereux chrétiens, j'aimerais signaler qu'aucune religion ne peut se réclamer de l'ordre du culturel (avant la chrétienté, il y avait des druides en France, et on ne parle pas des racines druidiques du pays) que la sexualité de Jésus n'est pas dénuée d'ambiguïtés et qu'ils ne font pas tout un plat quand un fils de bonne famille baise avant le mariage (tant qu'il prend ses précautions et qu'il n'engrosse pas la femme de chambre).
Je classe donc ces types dans la catégorie des fanatiques hypocrites et ne chercherais même pas à discuter avec eux.
Ensuite, il y a les alarmistes, ceux qui parlent du "bouleversement dans les fondements de notre société". Ces oiseaux de mauvais augure pensent, pas toujours sincèrement, que le fait d'avoir un couple de voisins homosexuels et mariés va changer leur vie, celles de leur ville et même celle du pays. Lorsque l'on est contre quelque chose, on peut toujours brandir la menace de la boîte de Pandore. Cela marche en politique comme en sociologie et en économie ; bref, cela fonctionne toujours quand on ne parle pas d'une science exacte. Prédire un futur catastrophique à cause d'une mesure présente n'est pour moi qu'une forme de rhétorique qui masque un raisonnement bien moins rationnel.
Enfin, il y a les charitables. Ceux qui s'inquiètent pour les plus faibles et qui, pour s'opposer à un droit légitime, parce que plus égalitaire, se soucient des enfants.
Qu'adviendra-t-il aux enfants élevés par des homosexuels ?
À ceux qui utilisent cette question pour exprimer leurs doutes et leur dégout en se donnant bonne conscience, je ne prendrai pas la peine de répondre. Ils trouveront de quoi se sustenter dans les chapitres précédents.
À ceux qui se posent sincèrement cette question (s'il y en a) je répondrai que dans tous les pays qui ont légalisé l'adoption par des couples homosexuels, on ne dénote aucune conséquence. Il n'y a pas plus de dépressifs (en fait, il y en a toujours moins qu'en France) ni plus de marginaux ou que sais-je encore. Ils peuvent donc être rassurés.
J'irai même plus loin : en imaginant que des études finissent par prouver que des enfants élevés par des couples homosexuels ont plus de chance d'être heureux et de réussir leur vie que les autres, il faudra que ces inquiets d'aujourd'hui militent contre la procréation naturelle et l'éducation par un père et une mère. Si l'on refuse à des hommes et à des femmes le droit d'adopter parce qu'on estime que leurs enfants sont plus susceptibles d'être malheureux, peut-on tolérer que des couples "classiques" élèvent des enfants en sachant que ces chérubins seraient mieux ailleurs ?
Et c'est là où je voulais en venir dans cet article. La plupart de gens qui sont contre les mesures qui permettraient à une minorité de mieux vivre sont en fait contre cette minorité.
Le "je ne suis pas homophobe, mais je suis contre le mariage homosexuel" me rappelle furieusement le "je ne suis pas raciste, mais je trouve qu'il y a trop d'étrangers en France". Pour démasquer les hypocrites, il suffit souvent de pousser leur raisonnement à l'extrême. Les gens qui sont contre le mariage homosexuel parce qu'ils s'inquiètent pour les enfants finiront par s'en remettre à la "loi de la nature" ou à la "tradition" pour défendre leur point de vue. Ceux qui ne sont pas racistes finiront par concéder qu'il y a "de bons et de mauvais étrangers" et que la "France doit rester française". On n’aura convaincu personne, mais au moins, on saura à qui on a affaire.
Sinon, puisque la révolution n'a pas vraiment commencé, on peut toujours en faire un roman.
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Encore une fois, ce roman est le vôtre, alors n'hésitez pas à m'envoyer vos idées ou vos commentaires sur le sujet. Je m'en servirai pour continuer de l'écrire.
samedi 8 décembre 2012
ARTICLE : contre la gauche aristocratique
Les communicants avaient inventé la gauche-caviar, et personnellement, j'ai toujours pensé que ce terme relevait du faux procès. Victor Hugo a fait beaucoup pour les idées de gauche en écrivant "Les Misérables" alors qu'il vivait dans une très belle demeure à Guernesey.
En revanche, je suis de plus en plus indisposé par ces hommes et ces femmes qui possèdent des comptes en Suisse et qui font commerce des valeurs de gauche, en bafouant au passage toutes les lois qui ne sont pas de droite.
Alors, c'est vrai que les situations sont souvent trop complexes pour que l'on se permette de juger ceux qui les vivent. Tous ceux qui héritent d'un compte en Suisse de leur grand-mère ne sont pas des fraudeurs, tous ceux qui décident de vivre à l'étranger ne sont pas des exilés fiscaux et tous les patrons de gauche ne sont pas des esclavagistes. De même, on peut défendre les SDF sans devoir les héberger chez soi et on n'a pas besoin de se convertir à l'Islam pour fustiger le racisme islamophobe. Mais quand même, quand on prétend défendre des valeurs d'égalité, de fraternité et de partage, il y a des situations qu'on a le devoir d'éviter. Prétendre être de gauche et se livrer au favoritisme, à la spéculation, à la fraude fiscale ou à divers conflits d'intérêts, ce n'est plus de la complexité, c'est de la duplicité.
Et parmi les valeurs que je défends le plus ardemment, celle de l'égalité se heurte violemment au népotisme qui règne au sein de cette gauche consensuelle et bien pensante. Combien de chanteurs, d'acteurs, de politiciens, d'écrivains sont issus du sérail ? Quand ils ne font pas partie du "club des fils et filles de..." ils sont liés à la belle-famille ou sont cousins de ceux qui fustigent pourtant les injustices qui accablent le bas peuple. Évidemment, dans le lot, quelques-uns ont du talent (je parle des artistes, pas des politiciens) et on les reconnaît parce qu'ils font des carrières longues alors que les autres se contentent de sortir un ou deux albums avant de se la couler douce au soleil, mais cette gauche si conviviale quand elle incarne la gauche des copains, avec Brassens, Brel et Ferré, me donne envie de vomir quand elle devient la gauche du copinage.
Au final, ce n'est pas seulement par idéalisme que je fustige la gauche aristocratique, mais parce qu'elle dénature le combat de tous ceux qui espèrent un monde meilleur, y compris sur le net. La gauchosphère est tellement gangrenée par des sites dont le but principal, sous couvert de faire participer le "peuple", est de récupérer du texte gratuit et de ramener les contacts des participants, qu'il est difficile de s'exprimer et d'y tenir un discours de gauche sans avoir l'impression d'être pris pour un imbécile. Sur ce point, le retard que nous avons sur la fachosphère est énorme.
par exemple, quand je vois un site comme "vents contraires" qui se revendique ouvertement libertaire et qui, après quelques années d'un fonctionnement démocratique et transparent, met un livre sur le marché juste avant de réorganiser son site afin de n'exposer que les "copains", je me dis qu'il y a encore beaucoup de travail à faire. Heureusement, il reste de vrais sites libertaires (comme Dazibaoueb) et j'espère qu'ils perdureront.
Cela étant dit, je ne perds pas espoir, parce que cet espoir un peu fou que les hommes peuvent changer les institutions est aussi une valeur de gauche. Une égalité vraie en termes de visibilité dans les médias, grâce au net, une meilleure redistribution des richesses, grâce à des lois justes et bien appliquées, la fin de la domination par le pouvoir et par l'argent, grâce à des artistes et à des philosophes réellement engagés... Ce ne sont hélas encore que des projets, mais tous ceux qui travaillent dans ce sens et qui composent le peuple de gauche travaillent pour le bien commun de l'humanité.
Et si, comme je le pense, la violence des institutions nous empêche de changer le monde pacifiquement, alors cette gauche aristocratique se retrouvera du même côté que les institutions quand il faudra passer à une autre forme de lutte.
Et parce que d'autres modèles sont possibles, y compris dans le cadre de l'édition et de la littérature :
Je reste curieux de connaître vos impressions et de lire vos commentaires sur ce roman. J'en tiendrai compte pour continuer son écriture.
Et parmi les valeurs que je défends le plus ardemment, celle de l'égalité se heurte violemment au népotisme qui règne au sein de cette gauche consensuelle et bien pensante. Combien de chanteurs, d'acteurs, de politiciens, d'écrivains sont issus du sérail ? Quand ils ne font pas partie du "club des fils et filles de..." ils sont liés à la belle-famille ou sont cousins de ceux qui fustigent pourtant les injustices qui accablent le bas peuple. Évidemment, dans le lot, quelques-uns ont du talent (je parle des artistes, pas des politiciens) et on les reconnaît parce qu'ils font des carrières longues alors que les autres se contentent de sortir un ou deux albums avant de se la couler douce au soleil, mais cette gauche si conviviale quand elle incarne la gauche des copains, avec Brassens, Brel et Ferré, me donne envie de vomir quand elle devient la gauche du copinage.
À ma connaissance, il n'y a pas d'Emmanuelle Brel, de Renan Ferré ou de chanteur qui s'appelle "B"
Au final, ce n'est pas seulement par idéalisme que je fustige la gauche aristocratique, mais parce qu'elle dénature le combat de tous ceux qui espèrent un monde meilleur, y compris sur le net. La gauchosphère est tellement gangrenée par des sites dont le but principal, sous couvert de faire participer le "peuple", est de récupérer du texte gratuit et de ramener les contacts des participants, qu'il est difficile de s'exprimer et d'y tenir un discours de gauche sans avoir l'impression d'être pris pour un imbécile. Sur ce point, le retard que nous avons sur la fachosphère est énorme.
par exemple, quand je vois un site comme "vents contraires" qui se revendique ouvertement libertaire et qui, après quelques années d'un fonctionnement démocratique et transparent, met un livre sur le marché juste avant de réorganiser son site afin de n'exposer que les "copains", je me dis qu'il y a encore beaucoup de travail à faire. Heureusement, il reste de vrais sites libertaires (comme Dazibaoueb) et j'espère qu'ils perdureront.
Cela étant dit, je ne perds pas espoir, parce que cet espoir un peu fou que les hommes peuvent changer les institutions est aussi une valeur de gauche. Une égalité vraie en termes de visibilité dans les médias, grâce au net, une meilleure redistribution des richesses, grâce à des lois justes et bien appliquées, la fin de la domination par le pouvoir et par l'argent, grâce à des artistes et à des philosophes réellement engagés... Ce ne sont hélas encore que des projets, mais tous ceux qui travaillent dans ce sens et qui composent le peuple de gauche travaillent pour le bien commun de l'humanité.
Et si, comme je le pense, la violence des institutions nous empêche de changer le monde pacifiquement, alors cette gauche aristocratique se retrouvera du même côté que les institutions quand il faudra passer à une autre forme de lutte.
Et parce que d'autres modèles sont possibles, y compris dans le cadre de l'édition et de la littérature :
Je reste curieux de connaître vos impressions et de lire vos commentaires sur ce roman. J'en tiendrai compte pour continuer son écriture.
samedi 1 décembre 2012
ARTICLE : Les pronostics auto-réalisateurs au sein des systèmes complexes
Un titre pompeux pour dénoncer un phénomène simple, mais qui reste caché sous silence par les médias et nos élites qui les dirigent.
Je commence donc par quelques explications : un pronostic auto-réalisateur est un pronostic qui se réalise si l'on y croit. En bourse, par exemple, dire qu'une action va prendre de la valeur, si l'on est cru, fait monter sa cote.
Un système complexe est un ensemble d'éléments au sein duquel les changements que l'on effectue sur l'un des agents ont des répercussions sur tous les autres.
Le phénomène que je veux dénoncer dans cet article est donc le suivant : dans notre société moderne, ce qu'on nous dit se réalise toujours, et le changement n'est qu'illusion !
De vrais petits Nostradamus.
En effet, que ce soit par suivisme des agents économiques ou grâce à un peu de sémantique, nos élites prédisent le futur et ne se trompent jamais.
La Grèce ne doit pas sortir de la zone euro et a besoin d'une cure d'austérité... facile.
Les Français vont devoir se serrer la ceinture pour préserver leur modèle social... on y travaille.
Les patrons doivent être ménagés si on veut qu'ils investissent chez nous... on leur obéit.
Et toutes ces annonces sont confortées par une réalité qui ne souffre pas la moindre discussion : même quand une mesure ne produit pas d'effets bénéfiques, on peut toujours dire que cela aurait été pire si on ne l'avait pas appliquée. L'uchronie a encore de beaux jours devant elle dans notre belle République.
Et quand ça ne fonctionne vraiment pas ? Quand la réalité rattrape la fiction et que des pans entiers de la société s'écroulent malgré le déni de nos élites ? Le remède est simple et désormais connu : les erreurs de jugement sont présentées comme des accidents (des crises) ou comme le résultat d'un complot dont on ne nommera que très vaguement les instigateurs (la mondialisation, la guerre économique, le monde de la finance...)
C'est rassurant.
Dans notre société qui dispose d'experts infaillibles, il nous suffit donc d'écouter et d'obéir pour que tout se passe de la meilleure façon possible. En fonction des époques, on nous invite à nous enrichir, à consommer, à nous endetter ou à économiser... Peu importe que ces messages soient contradictoires, c'est une question d'équilibre et de coordination. Et même lorsque les messages se contredisent alors qu'ils s'adressent aux mêmes personnes et à la même période, une dose de culpabilité permettra de les faire passer.
On nous invite à consommer toujours plus, mais à couper l'eau en nous rasant... sans quoi nous sommes de mauvais citoyens ou de mauvais terriens. L'essentiel n'est pas dans la logique globale, mais dans la répartition des tâches : les gagnants parlent aux gagnants, les écolos parlent aux écolos, et au final, il n'y a pas de perdants.
Mais qui nous parle ?
Qui sont les individus qui élaborent ces messages trompeurs dont le seul intérêt est de maintenir le système en place, et d'enrichir les milliardaires au détriment des indigents ? Existent-ils seulement ? Puisque nous sommes au sein d'un système complexe, qui peut-on blâmer pour nous faire croire que la crise est un accident de parcours alors que c'est le nouveau visage du capitalisme triomphant ? D'obscurs think tanks ? Les grandes écoles dans lesquelles les membres de ces think tanks ont été formées ? L'État qui subventionne ces écoles en fonction de leurs programmes ? Les électeurs qui, par peur ou par timidité, optent toujours pour un centrisme libéral, rassurant dans ses discours et trompeur dans ses actions ? Les médias qui trompent ces électeurs ?
C'est là le grand mal du moment. Nous ne sommes plus gouvernés par des individus, mais par un système. Et on ne s'attaque à un système qu'en le quittant ou en le dynamitant.
Or, pour quitter le système, il nous faut devenir autonome ou nous affranchir de toutes règles. En d'autres termes : Le seul moyen de clôturer un compte débiteur, c'est de faire sauter la banque.
Et parce que la révolution continue :
Je commence donc par quelques explications : un pronostic auto-réalisateur est un pronostic qui se réalise si l'on y croit. En bourse, par exemple, dire qu'une action va prendre de la valeur, si l'on est cru, fait monter sa cote.
Un système complexe est un ensemble d'éléments au sein duquel les changements que l'on effectue sur l'un des agents ont des répercussions sur tous les autres.
Le phénomène que je veux dénoncer dans cet article est donc le suivant : dans notre société moderne, ce qu'on nous dit se réalise toujours, et le changement n'est qu'illusion !
De vrais petits Nostradamus.
En effet, que ce soit par suivisme des agents économiques ou grâce à un peu de sémantique, nos élites prédisent le futur et ne se trompent jamais.
La Grèce ne doit pas sortir de la zone euro et a besoin d'une cure d'austérité... facile.
Les Français vont devoir se serrer la ceinture pour préserver leur modèle social... on y travaille.
Les patrons doivent être ménagés si on veut qu'ils investissent chez nous... on leur obéit.
Et toutes ces annonces sont confortées par une réalité qui ne souffre pas la moindre discussion : même quand une mesure ne produit pas d'effets bénéfiques, on peut toujours dire que cela aurait été pire si on ne l'avait pas appliquée. L'uchronie a encore de beaux jours devant elle dans notre belle République.
Et quand ça ne fonctionne vraiment pas ? Quand la réalité rattrape la fiction et que des pans entiers de la société s'écroulent malgré le déni de nos élites ? Le remède est simple et désormais connu : les erreurs de jugement sont présentées comme des accidents (des crises) ou comme le résultat d'un complot dont on ne nommera que très vaguement les instigateurs (la mondialisation, la guerre économique, le monde de la finance...)
C'est rassurant.
Dans notre société qui dispose d'experts infaillibles, il nous suffit donc d'écouter et d'obéir pour que tout se passe de la meilleure façon possible. En fonction des époques, on nous invite à nous enrichir, à consommer, à nous endetter ou à économiser... Peu importe que ces messages soient contradictoires, c'est une question d'équilibre et de coordination. Et même lorsque les messages se contredisent alors qu'ils s'adressent aux mêmes personnes et à la même période, une dose de culpabilité permettra de les faire passer.
On nous invite à consommer toujours plus, mais à couper l'eau en nous rasant... sans quoi nous sommes de mauvais citoyens ou de mauvais terriens. L'essentiel n'est pas dans la logique globale, mais dans la répartition des tâches : les gagnants parlent aux gagnants, les écolos parlent aux écolos, et au final, il n'y a pas de perdants.
Mais qui nous parle ?
Qui sont les individus qui élaborent ces messages trompeurs dont le seul intérêt est de maintenir le système en place, et d'enrichir les milliardaires au détriment des indigents ? Existent-ils seulement ? Puisque nous sommes au sein d'un système complexe, qui peut-on blâmer pour nous faire croire que la crise est un accident de parcours alors que c'est le nouveau visage du capitalisme triomphant ? D'obscurs think tanks ? Les grandes écoles dans lesquelles les membres de ces think tanks ont été formées ? L'État qui subventionne ces écoles en fonction de leurs programmes ? Les électeurs qui, par peur ou par timidité, optent toujours pour un centrisme libéral, rassurant dans ses discours et trompeur dans ses actions ? Les médias qui trompent ces électeurs ?
C'est là le grand mal du moment. Nous ne sommes plus gouvernés par des individus, mais par un système. Et on ne s'attaque à un système qu'en le quittant ou en le dynamitant.
Or, pour quitter le système, il nous faut devenir autonome ou nous affranchir de toutes règles. En d'autres termes : Le seul moyen de clôturer un compte débiteur, c'est de faire sauter la banque.
Et parce que la révolution continue :
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