samedi 19 janvier 2013

ARTICLE : et si on déclarait la guerre contre le terrorisme intellectuel

Décidément, je n'ai pas de chance. Un président normal a profité de ce que j’étais parti au Zimbabwe pour déclarer une guerre. Maintenant que je suis de retour en Grèce, et que je peux me connecter plus facilement sur le net, je pense qu'il est temps d'écrire sur ce sujet.



D'abord, je tiens à préciser que je ne suis pas pacifiste "par principe". J'ai vu récemment un ami, qui a de la famille en Libye, et qui m'a confié que là-bas, tout le monde était content de ce qu'avaient fait les Français. En voyant mon visage déconfit, il a même ajouté : "ce n'était peut-être pas pour de bonnes raisons, mais ce qui a été fait a apporté de bonnes choses." Contre la guerre a priori, je relaye néanmoins son message parce qu'il vient de personnes qui vivent sur place, et que je le pense sincère.

Mais la situation en Libye et celle au Mali sont très différentes, et ce pour une raison évidente : l'ennemi malien est beaucoup plus difficile à appréhender que l'ennemi libyen. En Libye, les troupes luttaient contre Kadhafi et contre tous ceux qui le soutenaient... À défaut d'être propre, le concept était clair.
Au Mali, la situation est beaucoup plus complexe, et si l'on se sert d'une pseudo alliance entre un chef touareg et Al-Qaida, cela ne suffit pas à faire oublier qu'il y a au nord du pays, des combattants séparatistes qui n'ont rien de fanatiques religieux, et que la France va les "détruire" (les abattre, les tuer) comme elle cherche à "détruire" les "terroristes".

Et puisque j'utilise des guillemets, je dois maintenant faire quelques précisions. Je ne reviendrais pas sur la déclaration de Laurent Fabius, qui a cru bon de parler de "terroristes criminels" et qui a ainsi dévoilé la stratégie sémantique du gouvernement, mais je me permets de poser la question : "Qu'est-ce qu'un terroriste ?"

Parce que si l'on veut l'exécuter, le détruire, la moindre des choses est de considérer que les terroristes sont des hommes ou des femmes qui ont été impliqués dans une action terroriste. À ce titre, on pourrait ensuite mettre en place une institution capable de les juger. Après tout, on juge bien les criminels de guerre.
Mais ce n'est pas comme ça que François Hollande (et qu'à l'époque, un certain W. Bush) voit les choses. Pour eux, on lutte contre les terroristes comme on lutte contre un concept. On ne s'attaque plus à des personnes, mais à un phénomène. C'est pratique, parce que cela permet d'élargir le champ d'action des militaires.
D'abord dans ses objectifs : les militaires ne se battent pas contre des hommes coupables d'une quelconque action terroriste, ils se battent contre tous ceux qui ne les aident pas dans leur lutte, et qui aident donc les terroristes...
Puis, dans l'espace : on constate déjà que le combat ne se limitera pas aux frontières du Mali. En effet, en admettant qu'on puisse fermer les frontières et empêcher les terroristes de passer, on ne peut pas stopper le terrorisme. Ce n'est plus une guerre, c'est une guerre mondiale.
Et enfin, dans le temps : qui est assez naïf pour penser que le terrorisme sera éradiqué dans un monde profondément inégalitaire ?
Cette notion de lutte contre un concept permet aussi de faire passer les droits humains en arrière-plan, puisque les ennemis ne sont plus des hommes, mais des symboles (barbus, le plus souvent).



Et alors ? répondront certains. Quoi de neuf par rapport à la guerre en Irak et en Afghanistan ?
Rien, je le concède, mais il y a une chose que je tiens surtout à dire à tous les soldats français qui me liront : en luttant contre un concept, vous devenez vous-même des symboles.
Au Mali, à cause de votre président, vous n'êtes plus des soldats au service de leur pays, vous êtes les symboles des croisades et du colonialisme. Soyez en conscients.



Personnellement, j'avais décidé de démissionner en 2002 si Le Pen passait au pouvoir. J'ai quitté l'armée quand la France a rejoint l'OTAN. Je sais que tout est fait pour que vous ne vous posiez pas de questions, mais je sais aussi que pour certains d'entre vous, la mission qu'on vous confie actuellement va à l'encontre des valeurs pour lesquelles vous vous êtes engagés. Rien ne vous retient...

Et si vous hésitez encore, pensez à surfer sur les sites les moins consultés au foyer.
http://fr.sott.net/article/12662-Le-butin-de-l-intervention-francaise-au-Mali-uranium-or-diamants-et-petrole
http://www.marianne.net/La-guerre-contre-le-terrorisme--version-Francois-Hollande_a225780.html
http://www.malijet.com/actualite-politique-au-mali/61796-democratie-malienne-le-ver-est-dans-le-fruit-le-pays-sera-encore.html
http://extremecentre.org/2013/01/13/mali-hollande-chef-de-guerre/

En attendant, je vous souhaite une bonne lecture.


4 commentaires:

  1. eh oui,le concept "terroriste" est pratique...Entre 39 et 44,en france,tout résistant était considéré comme terroriste.Et comme les allemands perdirent la guerre,les autorités s'aperçurent qu'il s'agissait de résistants...Le temps passe,mais les (mauvaises) idées perdurent!

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    1. Les vainqueurs font l'histoire.

      En attendant, on est prêt pour une "Black Hawk Down" à la française.

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  2. Réponses
    1. C'est un peu facile...
      De quel complot parlez-vous ?
      Peut-on être contre la guerre sans se faire traiter de "complotiste" ?

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