Leur théorie, séduisante sur le papier, n'est d'ailleurs pas très éloignée de certaines théories libertaires. C'est pourquoi sur l'échiquier politique américain, on trouve des « hippies de droite » qui s'opposent à toutes les interventions de l'État et qui prônent une dérégulation maximale afin d'atteindre, par tâtonnements successifs, cet équilibre qui permettrait à chacun de payer les choses à leur juste valeur.
Revenons maintenant sur les cinq conditions nécessaires à la concurrence pure et parfaite.
— Très grand nombre d'acheteurs et de vendeurs.
— Homogénéité des produits.
— Transparence de l'information.
— Libre entrée et sortie sur les marchés.
— Libre circulation des facteurs de production.
On peut voir que les industriels et les politiciens ont tout fait pour faire que ces conditions soient réunies... toutes sauf une.
L'Europe telle qu'elle est en oeuvre actuellement n'est qu'une machine à augmenter le nombre d'acheteurs et de vendeurs, à homogénéiser les produits et à libérer les marchés et leurs facteurs de production. Mais il y a une chose sur laquelle les politiciens n'interviennent pas, et c'est celle qui est la plus facile à manipuler par les industriels. Je parle bien sûr de la transparence de l'information.
Désormais, et alors que nous avons accès aux autoroutes de l'information, la désinformation est devenue la règle dans de nombreux domaines.
En politique d'abord, puisque le fameux « les promesses n'engagent que ceux qui les tiennent » n'est plus un cri de rage, mais un constat amer. Actuellement, nous n'avons plus à choisir entre la gauche et la droite, mais entre les mensonges de la gauche et ceux de la droite. Alors certes, les mensonges de la gauche continuent d'avoir ma préférence parce qu'ils me donnent bonne conscience, mais cela ne résout en rien les problèmes du pays.
Et le pire dans tout cela, c'est qu'entre le cynisme de droite et le clientélisme de gauche, tous les électeurs sont convaincus que les mensonges de ceux de leur camp valent mieux que les politiques de ceux du camp d'en face... Pendant ce temps, les politiciens ne pensent qu'à se remplir les poches (ou à remplir celles de leurs amis).
Mais les politiciens ne sont pas les seuls à mentir. Les industriels ne reculent devant aucune contre-vérité pour nous exploiter toujours un peu plus. Que ce soit en prétendant être au bord de la faillite pour obtenir des baisses d'impôts ou en mettant du minerai de cheval dans des lasagnes de boeuf, ceux dont l'objectif avoué est de s'enrichir toujours plus ont depuis longtemps compris que c'était en disant n'importe quoi qu'ils vendraient tout à n'importe qui (souvenez-vous du « les docteurs fument des Lucky). Et pour être franc, on ne peut même pas faire semblant d'être surpris. Depuis le temps que tous les prix augmentent, sauf ceux de la malbouffe, on aurait dû comprendre qu'ils nous faisaient manger de la m***. Depuis le temps que les multinationales s'enrichissent de par le monde, on sait qu'elles pourraient payer plus d'impôts.
Et maintenant, les scientifiques s'y mettent. Des gens qui ont des doctorats sont capables de dire que les OGM pourront résoudre le problème de la fin dans le monde pendant que d'autres prétendent que ces mêmes OGM amèneront une catastrophe alimentaire. Même le réchauffement climatique, dont nous percevons les effets dans notre vie quotidienne, est remis en cause par des docteurs supposés sérieux. Les adjuvants à l'aluminium présents dans les vaccins s'avèrent fatals à de nombreux individus, mais continuent d'être considérés comme indispensables.
Mais ce qui me choque le plus, dans tout cela, c'est qu'à chaque fois qu'un scandale éclate, on peut se dire : « Bien sûr, c'est leur boulot de faire un maximum d'argent. Comment pouvait-on espérer mieux ? » Et c'est sur ce point que je voudrais terminer cette chronique : on ne peut pas espérer mieux. Nous sommes à l'époque de la gouvernance par le doute. Savoir si la CIA était au courant des attentats du 11 septembre ou si Findus savait qu'il y avait de la viande de cheval dans ses lasagnes n'a pas beaucoup d'importance. L'important pour nos dirigeants, c'est que nous soyons conscients qu'aucune information qui nous est fournie n'est fiable. Alors nous pourrons continuer de douter pendant qu'ils continuent de nous exploiter.
Heureusement, la révolution continue :


C'est justement parce que nous ne savons rien, et que les "experts" n'en savent pas plus que nous nous précipitons dans l'idéologie qui tient alors lieu de certitude.
RépondreSupprimerCela est aussi vrai pour le réchauffement climatique (en tout cas de ses causes supposées) que des idéologies politiques de droite ou de gauche.
Toute la racaille politicarde de l'extrême gauche à l'extrême droite (et je me garderai surtout de ne pas préférer l'une à l'autre) vit de ce mécanisme vicieux qui lui permet non pas de contrôler la pensée des individus, puisque ceux-ci justement ne pensent plus.
Les informations qui permettent de se faire une opinion existent en effet sur la toile mais qui se soucie d'y aller les chercher ?
La soluce ?
Laisser aux politicards le moins de pouvoir possible pour contrôler nos vies... et accessoirement se remplir les poches.
Thèse populiste, certes mais que je considère finalement comme bien noble face à la pourriture qui exerce le pouvoir.