C'est certain, Benoît XVI va démissionner. Je ne spéculerais pas sur ce qui motive chez lui cette décision, même si je m'étonne de voir que ceux qui ont admiré le courage de Jean-Paul II pour avoir assumer sa fonction jusqu'à la mort admire maintenant le courage de Benoît XVI pour abdiquer avant la fin.
Je pense, en revanche, que l'Église devrait saisir cette chance pour évoluer.
La science a fini par faire lui admettre que la terre était ronde et qu'elle n'était pas au centre de l'univers. Les faits devraient lui faire reconnaître qu'une fonction dont il est possible de démissionner ne peut être celle de représentant de Dieu sur terre (Pontifex Maximus, en droit canonique).
En fait, tout cela peut se résumer à une question simple : si Dieu est tout puissant, comment a-t-il pu laisser son représentant sur terre se sentir trop fatigué au point de démissionner ?
Alors il serait temps que l'Église admette qu'elle n'est composée que d'hommes, avec leurs forces et leurs faiblesses, et qu'être croyant n'implique aucune condition, aucune cérémonie ni aucune allégeance. Les dogmes, qu'ils soient spirituels ou économiques, servent toujours aux plus puissants pour asseoir leur autorité sur les plus nombreux. Cette démission du pape, au même titre que la crise financière qui secoue la planète depuis des années, doit être l'occasion pour tous les croyants de réaliser que lorsque les leaders échouent dans la défense du système qu'ils dirigent, il ne suffit pas de les changer pour que les choses repartent de plus belle. C'est le moment de changer de système.
Et puisque la révolution continue.
Des articles à tendance libertaires, et un nouveau jeu : "la révolution dont vous êtes le héros"
samedi 23 février 2013
dimanche 17 février 2013
ARTICLE : Qu'est-ce qu'une idéologie dominante ?
Je me suis posé cette question ce matin, et comme tous les hommes de mon âge, lorsque je me pose une question, je vais d'abord sur Google. La petite différence, c'est que je n'y vais pas pour trouver des réponses, mais pour trouver à quels termes est associée cette question.
Entre Pierre Bourdieu, Joseph Staline et Karl Marx, j'ai ainsi pu constater aujourd'hui que l'idéologie dominante était un concept associé à une politique dont on ne cessait de nous dire qu'il s'agissait d'une politique du passé.
Et c'est peut-être vrai. Même l'administration du bloc de l'Est a fini par s'effondrer sur elle même. La création de paperasse, qui avait fait office de création de richesses pendant des années, n'a pas réussi à maintenir le système en mouvement, en vie.
Mais ce n'est pas parce qu'une politique a échoué que tous les concepts qu'elle véhiculait, et sur lesquels elle s'appuyait, doivent être jetés comme on jetterait le bébé avec l'eau du bain. Après tout, l'héritage a survécu à la royauté et l'armée n'a pas été supprimée après la chute de l'Empire romain. Alors, pourquoi ne peut-on pas parler d'idéologie dominante sans s'appuyer sur des concepts marxistes ?
Parce que le capitalisme refuse de nous laisser penser ce concept négatif autrement qu'en l'associant au modèle de société qui lui fait le plus peur. L'intérêt est double, puisqu'en plus de nous empêcher de résoudre nos problèmes, qui sont souvent le gagne-pain de nos exploiteurs, cette limitation du langage permet au système de dénigrer les systèmes alternatifs vers lesquels nous serions tentés de regarder.
Je ne résiste d'ailleurs pas à vous donner la définition de l'idéologie dominante, telle qu'on la trouve sur Wikipédia.
Parce que le capitalisme refuse de nous laisser penser ce concept négatif autrement qu'en l'associant au modèle de société qui lui fait le plus peur. L'intérêt est double, puisqu'en plus de nous empêcher de résoudre nos problèmes, qui sont souvent le gagne-pain de nos exploiteurs, cette limitation du langage permet au système de dénigrer les systèmes alternatifs vers lesquels nous serions tentés de regarder.
Je ne résiste d'ailleurs pas à vous donner la définition de l'idéologie dominante, telle qu'on la trouve sur Wikipédia.
On peut ne pas être marxiste, mais il est difficile de ne pas trouver dans les analyses des apôtres du libéralisme des relents d'idéologie dominante telle que Marx la décrivait.
Et ce qu'oublie de préciser Wikipédia, c'est que le tour de force de l'idéologie dominante n'est pas de faire croire aux pauvres qu'ils seront moins pauvres en travaillant pour les riches. Le tour de force de l'idéologie dominante est de réussir à faire croire qu'elle n'en est pas une.
Toujours grâce à Google, il est facile de vérifier comment les mots sont associés, et on arrive aux résultats suivants :
Les chiffres sont éloquents, le communisme est considéré trois fois plus comme une idéologie que le capitalisme.
Et ce ratio passe de 3 à 4 lorsqu'on interroge Google dans la langue de Shakespeare.
En clair, cela signifie que l'idéologie dominante, en plus de nous imposer ses règles en nous faisant croire qu'elles sont faites pour nous, s'impose comme un système naturel sur lequel il n'y a pas de questions à se poser, et cherche ainsi à échapper à notre réflexion.
Heureusement, tant que Google nous donnera une vision globale du langage tel qu'il est utilisé sur le Net, à défaut de disposer des outils nécessaires pour remédier à la situation, nous pouvons voir les chiffres qui nous alertent sur la façon dont nous pensons nos problèmes, ou sur celle dont nous ne les pensons pas.
Et puisque la révolution continue.
samedi 9 février 2013
ARTICLE : La politique de la tête vide
La loi sur le mariage pour tous est passée, et c'est une bonne chose. Dans notre pseudo-république, tout ce qui va dans le sens de plus de liberté, d'égalité et de fraternité est bon à prendre. Mais passé ce sentiment de satisfaction, il convient de s'interroger sur ce qui a motivé les politiciens (et les médias) pendant ce débat.
Qu'ils soient modernes et progressistes ou réactionnaires et conservateurs, les intervenants n'ont pas ménagé leur peine et je ne compte pas mettre en doute leur sincérité ou leur engagement moral, mais je m'interroge sur la chronologie des événements et des passions suscitées. En d'autres termes, je pense que l'ardeur au combat des députés n'a pas pour origine une conviction profonde qui les pousse à se battre pour des valeurs et des lois qu'ils trouvent justes et nécessaires, mais qu’elle vient plutôt du plaisir qu'ils prennent à rallier les foules sur des sujets émotionnellement fédérateurs.
En France, les politiciens s'attaquent désormais aux sujets sociétaux (qu’on pourrait appeler, pour plus de clarté, des sujets « culturels ») parce que, pour peu que les médias s'en emparent et obligent tout le monde à prendre parti, c'est le meilleur moyen de faire grimper leur popularité.
Les questions culturelles ont en effet un avantage sur les questions sociales ou économiques : elles sont simples. On est pour ou contre, alors les politiciens qui veulent s'allier une partie de la population s'engagent dans ce combat en sachant que si le sujet fait buzz, ils parviendront à se rendre sympathiques pour environ 50% de l'opinion publique. Autre avantage, si un sujet soulevé s’avère plus complexe qu'une simple question à laquelle on peut répondre par oui ou par non, il peut être tronçonné.
Par exemple, il est actuellement impossible d'être pour le mariage pour tous, pour la PMA pour les couples de femmes et avoir des réserves sur le recours aux mères porteuses (mais être pour l'adoption) par les couples d'hommes. L'agenda fera en sorte que l'on ait, chaque fois, à dire oui ou non, et donc à supporter des politiciens en mal de reconnaissance (la PMA, on en parlera plus tard).
Mais ce qui me gêne le plus dans ces manoeuvres politiques, ce n'est pas qu'elles simplifient outrageusement le débat, c'est qu'elles font diversion. Pendant ces journées passées à débattre pour rien, alors que les politiciens se contentaient de faire les beaux et de rallier leurs troupes, le monde de la finance continuait d'accaparer les richesses et d'imposer ses lois, juste parce que personne d'autre ne réfléchissait à des solutions alternatives.
Alors, oui au mariage pour tous, oui au vote des étrangers aux élections municipales, mais de grâce, ne perdez pas de temps sur de tels sujets. En Grèce, c'est le retour du travail obligatoire (puisque les marins, qui n'ont pas été payés depuis des mois, se sont vus privés du droit de grève) en Italie, Silvio Berlusconi revient sur le devant de la scène. En Europe, l'absence de politique ambitieuse et imaginative mène toujours au pire... Alors, puisque nous sommes l'un des pays où siègent le plus de députés par rapport à sa population, ne pourrait-on pas imaginer une répartition des tâches afin de s'assurer que les progrès culturels (parce que la culture ne se limite pas à l'art et à l'éducation et que le terme "sociétal" n'est qu'une façon de faire oublier que ces changements ne concernent qu'une minorité) ne se fassent pas au détriment des progrès sociaux, économiques et légaux. Et si une sixième République est nécessaire pour un tel changement, alors c'est une raison de plus pour ne pas perdre de temps.
Et puisque la révolution continue.
Qu'ils soient modernes et progressistes ou réactionnaires et conservateurs, les intervenants n'ont pas ménagé leur peine et je ne compte pas mettre en doute leur sincérité ou leur engagement moral, mais je m'interroge sur la chronologie des événements et des passions suscitées. En d'autres termes, je pense que l'ardeur au combat des députés n'a pas pour origine une conviction profonde qui les pousse à se battre pour des valeurs et des lois qu'ils trouvent justes et nécessaires, mais qu’elle vient plutôt du plaisir qu'ils prennent à rallier les foules sur des sujets émotionnellement fédérateurs.
En France, les politiciens s'attaquent désormais aux sujets sociétaux (qu’on pourrait appeler, pour plus de clarté, des sujets « culturels ») parce que, pour peu que les médias s'en emparent et obligent tout le monde à prendre parti, c'est le meilleur moyen de faire grimper leur popularité.
Les questions culturelles ont en effet un avantage sur les questions sociales ou économiques : elles sont simples. On est pour ou contre, alors les politiciens qui veulent s'allier une partie de la population s'engagent dans ce combat en sachant que si le sujet fait buzz, ils parviendront à se rendre sympathiques pour environ 50% de l'opinion publique. Autre avantage, si un sujet soulevé s’avère plus complexe qu'une simple question à laquelle on peut répondre par oui ou par non, il peut être tronçonné.
Par exemple, il est actuellement impossible d'être pour le mariage pour tous, pour la PMA pour les couples de femmes et avoir des réserves sur le recours aux mères porteuses (mais être pour l'adoption) par les couples d'hommes. L'agenda fera en sorte que l'on ait, chaque fois, à dire oui ou non, et donc à supporter des politiciens en mal de reconnaissance (la PMA, on en parlera plus tard).
Mais ce qui me gêne le plus dans ces manoeuvres politiques, ce n'est pas qu'elles simplifient outrageusement le débat, c'est qu'elles font diversion. Pendant ces journées passées à débattre pour rien, alors que les politiciens se contentaient de faire les beaux et de rallier leurs troupes, le monde de la finance continuait d'accaparer les richesses et d'imposer ses lois, juste parce que personne d'autre ne réfléchissait à des solutions alternatives.
Alors, oui au mariage pour tous, oui au vote des étrangers aux élections municipales, mais de grâce, ne perdez pas de temps sur de tels sujets. En Grèce, c'est le retour du travail obligatoire (puisque les marins, qui n'ont pas été payés depuis des mois, se sont vus privés du droit de grève) en Italie, Silvio Berlusconi revient sur le devant de la scène. En Europe, l'absence de politique ambitieuse et imaginative mène toujours au pire... Alors, puisque nous sommes l'un des pays où siègent le plus de députés par rapport à sa population, ne pourrait-on pas imaginer une répartition des tâches afin de s'assurer que les progrès culturels (parce que la culture ne se limite pas à l'art et à l'éducation et que le terme "sociétal" n'est qu'une façon de faire oublier que ces changements ne concernent qu'une minorité) ne se fassent pas au détriment des progrès sociaux, économiques et légaux. Et si une sixième République est nécessaire pour un tel changement, alors c'est une raison de plus pour ne pas perdre de temps.
Et puisque la révolution continue.
samedi 2 février 2013
ARTICLE : La laïcité pour les nuls
Pour cet article, j'hésitais à parler du mariage pour tous ou de l'invasion du Mali de la guerre au Mali. Et puis, je me suis dit qu'il n'y avait pas grand-chose d'autre à faire sur le second sujet que de publier le lien où l'on peut lire que onze civils (dont trois enfants) ont été tués — bien entendu, c'est en anglais. Alors, pour ce qui est du mariage pour tous, plutôt que de répéter que ce n'est pas en donnant des libertés à certains qu'on en retire aux autres, je préfère aborder le sujet sous l'angle de la laïcité.
Pourquoi je ne passe jamais l'étape du vin d'honneur ?
Parce que si l'on a parlé d'égalité réelle lors des dernières élections présidentielles, on a, je pense, oublié de parler de laïcité réelle, et cet oubli se fait cruellement sentir en ce moment, en particulier au sujet du mariage pour tous.
Si toutes ces bonnes âmes désireuses de maintenir la France dans le droit chemin sont choquées par ce mariage, c'est parce que pour elles, le mariage reste intimement lié à la religion, et il faut bien avouer que sur ce point, on dirait que tout est fait pour leur donner raison.
Voyez vous-mêmes, pour se marier à l'église, il faut d'abord passer devant le maire (ce qui, accessoirement, complique énormément l'organisation de l'événement, mais permet d'avoir des invités de second ordre qui n'assisteront qu'au mariage civil). Puisque le premier est indispensable pour effectuer le second, on peut facilement en conclure que ces deux mariages sont liés.
La vraie laïcité serait de dire à l'église : faites ce que vous voulez, mariez qui vous voulez, mais cette cérémonie n'aura aucune incidence légale.
Et les vacances, c'est un hasard du calendrier, peut-être ?
Un autre sujet épineux : les vacances scolaires. Puisque nous sommes dans un état laïc et qu'à l'école, l'intérêt supérieur est celui des enfants, pourquoi ne pas envisager des vacances réparties de façon homogène tout au long de l'année ? On pourrait en avoir un peu plus pendant l'été (histoire de rentabiliser les voyages de ceux qui en ont les moyens) et garder une journée par-ci par-là pour le lendemain de Noël, le Premier de l'an, l'Aïd et les quelques autres fêtes assez répandues. Accessoirement, cela permettra d'éviter les batailles parfois sanglantes qui ont lieu dans les bureaux pour ceux qui travaillent à trois et au sein desquels il y en a toujours deux (celui qui prend la semaine de Noël et celui qui prend celle du jour de l'an) pour expliquer au troisième, célibataire et sans enfant, que c'est très tendance de prendre une semaine de vacances à la Chandeleur.
Sans parler de l'Alsace-Moselle
Je pourrais aussi parler de la religion enseignée obligatoirement à l'école primaire et au collège en Alsace et en Moselle, et du fait que dans cette région, les ministres des quatre cultes (catholique, luthérien, réformé et israélite... tiens, il n'y a pas les musulmans) sont rémunérés par l'État.
Bref, vous l'avez compris, la laïcité à la française est un parfait exemple de l'inefficacité (pour ne pas dire, de l'hypocrisie) des lois lorsqu'elles ne sont pas accompagnées d'une volonté politique et culturelle forte. C'est la brèche dans laquelle se sont engagés plusieurs milliers de pisse-froid en militant contre le mariage pour tous, et à ce titre nous pouvons les remercier, ils nous montrent qu'il faut d'urgence la colmater.
Et puisque la révolution continue
Pourquoi je ne passe jamais l'étape du vin d'honneur ?
Parce que si l'on a parlé d'égalité réelle lors des dernières élections présidentielles, on a, je pense, oublié de parler de laïcité réelle, et cet oubli se fait cruellement sentir en ce moment, en particulier au sujet du mariage pour tous.
Si toutes ces bonnes âmes désireuses de maintenir la France dans le droit chemin sont choquées par ce mariage, c'est parce que pour elles, le mariage reste intimement lié à la religion, et il faut bien avouer que sur ce point, on dirait que tout est fait pour leur donner raison.
Voyez vous-mêmes, pour se marier à l'église, il faut d'abord passer devant le maire (ce qui, accessoirement, complique énormément l'organisation de l'événement, mais permet d'avoir des invités de second ordre qui n'assisteront qu'au mariage civil). Puisque le premier est indispensable pour effectuer le second, on peut facilement en conclure que ces deux mariages sont liés.
La vraie laïcité serait de dire à l'église : faites ce que vous voulez, mariez qui vous voulez, mais cette cérémonie n'aura aucune incidence légale.
Et les vacances, c'est un hasard du calendrier, peut-être ?
Un autre sujet épineux : les vacances scolaires. Puisque nous sommes dans un état laïc et qu'à l'école, l'intérêt supérieur est celui des enfants, pourquoi ne pas envisager des vacances réparties de façon homogène tout au long de l'année ? On pourrait en avoir un peu plus pendant l'été (histoire de rentabiliser les voyages de ceux qui en ont les moyens) et garder une journée par-ci par-là pour le lendemain de Noël, le Premier de l'an, l'Aïd et les quelques autres fêtes assez répandues. Accessoirement, cela permettra d'éviter les batailles parfois sanglantes qui ont lieu dans les bureaux pour ceux qui travaillent à trois et au sein desquels il y en a toujours deux (celui qui prend la semaine de Noël et celui qui prend celle du jour de l'an) pour expliquer au troisième, célibataire et sans enfant, que c'est très tendance de prendre une semaine de vacances à la Chandeleur.
Sans parler de l'Alsace-Moselle
Je pourrais aussi parler de la religion enseignée obligatoirement à l'école primaire et au collège en Alsace et en Moselle, et du fait que dans cette région, les ministres des quatre cultes (catholique, luthérien, réformé et israélite... tiens, il n'y a pas les musulmans) sont rémunérés par l'État.
Bref, vous l'avez compris, la laïcité à la française est un parfait exemple de l'inefficacité (pour ne pas dire, de l'hypocrisie) des lois lorsqu'elles ne sont pas accompagnées d'une volonté politique et culturelle forte. C'est la brèche dans laquelle se sont engagés plusieurs milliers de pisse-froid en militant contre le mariage pour tous, et à ce titre nous pouvons les remercier, ils nous montrent qu'il faut d'urgence la colmater.
Et puisque la révolution continue
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